À Gyumri, deuxième ville d'Arménie, le 'Dpratheatre' a captivé les habitants entre 1985 et 1992. Ce théâtre, installé dans une ancienne église, fut l'un des symboles culturels majeurs de cette période de bouleversements.

Le 'Dpratheatre' a vu le jour à l'initiative de jeunes artistes locaux désireux de promouvoir la culture théâtrale dans une région en quête d'identité après le séisme dévastateur de 1988. Selon l'un des fondateurs, Arman Petrosyan, "la transformation d'une église en théâtre était un acte de résistance culturelle. C'était un lieu où l'on expérimentait des œuvres à la fois classiques et contemporaines". Le bâtiment, malgré son état délabré après le tremblement de terre, pouvait accueillir jusqu'à 200 spectateurs. Environ 150 représentations ont été données chaque année jusqu'à la fermeture en 1992.

L'histoire de la 'Dpratheatre' s'inscrit dans le contexte plus large des bouleversements post-soviétiques en Arménie. Le séisme de 1988 a laissé une empreinte indélébile sur Gyumri, exacerbant les difficultés économiques et sociales. La transformation sociale et politique postérieure à l'effondrement de l'URSS a créé un vide culturel que des initiatives comme le 'Dpratheatre' ont cherché à combler. Gyumri, ancienne Leninakani, rêvait de reconstruction et Renaissance artistique.

Les autorités locales avaient alors exprimé des réticences initiales face à l'idée de détourner une église de sa vocation religieuse. Cependant, face à l'engouement populaire, elles ont finalement soutenu le projet en mettant à disposition des ressources pour les réparations de sécurité nécessaires. L'ancien maire de l'époque, Harutyun Manukyan, a déclaré : "Nous pensions qu'investir dans l'art était aussi investir dans l'avenir de la ville".

Avec la fermeture de la 'Dpratheatre' en 1992, Gyumri a perdu un phare culturel important. Cette fermeture, conséquence de la détérioration économique et du climat politique incertain, a laissé la communauté artistique dans une impasse. Le site demeure aujourd'hui un souvenir vivant de la vitalité créative des années précédentes. Les discussions sur sa réhabilitation ont ressurgi, témoignant de l'intérêt intact pour ce chapitre audacieux de l'histoire locale.

Source : Hetq (HY)

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By Raffy