Le-Nouveau-Jeu-Geopolitique-de-lAzerbaidjan-Defis-de-Securite-pour-lArmenie
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La question du point 907 est davantage une question de prestige pour l'Azerbaïdjan, car le pays dispose d'alternatives pour acquérir des armes, notamment d'Israël et d'autres pays.

Noyan Tapan TV a discuté avec Anna Ohanyan, professeure de sciences politiques et de relations internationales au Stonehill College. Lors de l'entretien, la nouvelle stratégie politique adoptée par le président azerbaïdjanais a été examinée, visant à utiliser les facteurs politiques internes des États-Unis, notamment l'image de Donald Trump, pour légitimer ses propres intérêts. Anna Ohanyan explique comment Bakou tente d'approfondir la polarisation interne de l'Arménie et d'affaiblir l'État arménien en présentant les purges ethniques réalisées comme une restauration du droit international. L'entretien aborde également le concept de "dilemme dictatorial", où les ambitions personnelles d'un dirigeant autoritaire contredisent l'interdépendance économique régionale et la stabilité à long terme de l'État. L'interview met en lumière la tendance dangereuse où les processus géopolitiques complexes sont remplacés par des relations transactionnelles personnalisées, ce qui pourrait conduire à la désintégration future des systèmes de sécurité régionaux.

Anna Ohanyan a souligné que la demande de suppression du point 907 par l'Azerbaïdjan a principalement une signification symbolique plutôt que militaire. Selon elle, Aliyev cherche à se présenter sur la scène internationale comme un leader victorieux opérant dans le cadre du droit international, tout en essayant de légitimer les purges ethniques réalisées au Haut-Karabagh. L'Azerbaïdjan veut montrer que la question du Haut-Karabagh est résolue par la restauration de son intégrité territoriale, mais dans le système international, de telles approches ne suppriment pas les questions de purges ethniques et de violations des droits de l'homme. Anna Ohanyan estime que ce sujet pourrait être à nouveau soulevé sur différentes plateformes internationales si l'Arménie ou d'autres acteurs le poussent.

La professeure a noté que les déclarations d'Aliyev concernant le Groupe de Minsk visent principalement à approfondir la polarisation politique en Arménie. Elle a souligné que le Groupe de Minsk n'a jamais eu de mandat pour imposer des solutions aux parties. Selon elle, l'affirmation d'Aliyev selon laquelle cette structure se préparait à transférer le Haut-Karabagh ou les régions à l'Arménie ne correspond pas à la réalité. Anna Ohanyan a mentionné que l'un des principaux problèmes dans le processus de règlement du conflit du Karabagh a été l'absence de lien de négociation direct entre le Haut-Karabagh et l'Azerbaïdjan. Selon elle, l'expérience internationale des conflits séparatistes montre que la probabilité de succès de tels processus est très faible, et dans les cas réussis, il y a généralement eu un dialogue direct et un large soutien international.

Les actions de l'Azerbaïdjan après 2020 doivent être considérées non seulement comme une victoire militaire, mais aussi comme une lutte pour la légitimité internationale. Selon elle, l'Azerbaïdjan tente de présenter ses actions comme une restauration de l'intégrité territoriale réalisée dans le cadre du droit international. Anna Ohanyan pense qu'Aliyev essaie également d'impliquer le président américain Donald Trump dans son histoire politique, le présentant comme le leader sous lequel l'Azerbaïdjan a atteint "la paix" et "la stabilité".

Source : Mer Oughin