hebdo-histoire-2026-08-25
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25 août 2006

Le 25 août 2006 s’éteignait à Erevan Sylva Kapoutikian, poétesse arménienne née dans cette même ville le 20 janvier 1919. Fille de Barunak Kapoutikian, enseignant et rédacteur en chef d’un journal révolutionnaire marxiste originaire de Van, elle grandit dans un foyer marqué par l’engagement intellectuel et politique.

Sa formation la conduit d’abord à la faculté philologique de l’université d’État d’Erevan, de 1936 à 1941, puis à Moscou, à l’Institut de littérature Maxime-Gorki. C’est en 1945 qu’elle publie son premier recueil, Avec les jours, marquant le début d’une œuvre poétique féconde. Suivent Au bord du Zangou en 1947 — titre inspiré du fleuve arménien qui donna aussi son nom au Journal littéraire et politique de Missak Manouchian —, puis Mes intimes en 1951, recueil qui lui apporte une large notoriété et lui vaut le Prix Staline en 1952. Elle publie ensuite Conversation à cœur ouvert en 1955, Bon voyage en 1957, et Méditation à mi-chemin en 1961.

Au-delà de son œuvre littéraire, Sylva Kapoutikian s’illustre par un militantisme affirmé. Elle défend les intellectuels, les écrivains et les victimes présumées du soviétisme, prenant des positions qui témoignent d’une conscience politique aiguë. Elle s’engage également avec force pour le rattachement du Haut-Karabagh à l’Arménie, dénonçant sans détour ce qu’elle qualifiait d’actions criminelles menées par les Azéris, notamment à Sumqayıt et à Bakou. Sa voix compte alors parmi celles qui sont écoutées dans son pays.

Sylva Kapoutikian se bat aussi fermement pour la reconnaissance du génocide arménien, inscrivant son œuvre et son action dans la mémoire collective de son peuple. Son parcours est jalonné de distinctions officielles : l’Ordre de l’Insigne d’honneur en 1956, l’Ordre du Drapeau rouge du Travail en 1969, l’Ordre de l’Amitié des peuples en 1979, puis l’Ordre de la révolution d’Octobre en 1984.

Épouse du poète Hovhannès Chiraz, elle repose depuis sa mort au Panthéon Komitas à Erevan. En janvier 2009, un musée est inauguré dans sa maison natale, perpétuant la mémoire de cette figure majeure de la poésie et de l’engagement arménien du XXe siècle.