Veto-geographique-La-protestation-de-lArmenie-une-epreuve-pour-lUnion-economique-eurasiatique
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L'Arménie a protesté au sein de l'Union économique eurasiatique (UEE) contre les restrictions imposées par la Russie sur les produits arméniens, y compris l'interdiction de leur transit vers d'autres pays membres via le territoire russe. Erevan affirme que ces mesures vont à l'encontre des principes internes de l'Union.

L'UEE a été créée pour assurer la libre circulation des marchandises entre ses membres. Cependant, si un produit arménien est destiné à la Biélorussie ou au Kazakhstan, il doit transiter par la Russie. Si Moscou interdit ce transit, le commerce entre les autres membres devient impossible.

Moscou ne décide pas directement pour la Biélorussie d'acheter ou non les produits arméniens. Elle affirme simplement que si un produit présente un risque phytosanitaire, il ne peut pas entrer ou transiter par la Russie. Les membres de l'UEE ont le droit d'imposer de telles restrictions.

Mais la géographie complique les choses. Si la route vers le Kazakhstan passe par la Russie, une interdiction de transit signifie pratiquement que le produit n'atteindra pas le Kazakhstan.

Ce paradoxe est illustré par d'autres exemples au sein de l'UEE. Bien que l'UEE ne confère pas de droit de veto sur le commerce entre membres, la position géographique de certains pays leur permet d'exercer un effet de veto.

Le problème n'est pas seulement logistique. L'adhésion à l'UEE modifie le comportement économique des pays membres. Les producteurs s'adaptent à un grand marché commun, réduisant la nécessité de chercher d'autres marchés. Cette intégration a un revers : plus une économie s'adapte à un marché unique, plus elle souffre si ce marché se ferme soudainement.

La dépendance économique devient alors un levier politique. Les restrictions russes sur les produits arméniens, justifiées par des raisons phytosanitaires, coïncident avec des tensions politiques entre Erevan et Moscou, notamment sur l'orientation politique de l'Arménie entre l'UEE et l'UE.

La protestation de l'Arménie soulève une question fondamentale pour l'UEE : qu'est-ce qu'un "marché commun" si un membre peut fermer non seulement son marché, mais aussi la route vers d'autres membres ?

Cette situation est un test pour l'UEE. Aujourd'hui, c'est l'Arménie qui est concernée, demain, cela pourrait être un autre membre. Les règles du marché commun peuvent-elles protéger un membre des caprices des autres ?

Source : Radar.am