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Selon l’analyste politique Boris Navasardian, interrogé par 1inTV, un récent incident a considérablement refroidi le dialogue entre experts et médias arméniens et azerbaïdjanais, fragilisant le processus de paix engagé entre Erevan et Bakou. Il évoque plusieurs hypothèses pour expliquer cette dégradation, sans trancher, allant d’une pression azerbaïdjanaise pour obtenir des concessions à l’influence possible de la Russie ou des évolutions politiques internes aux États-Unis.

Selon l’analyste politique Boris Navasardyan, interrogé par 1inTV, un récent incident a provoqué un net refroidissement du dialogue arméno-azerbaïdjanais, y compris au niveau des experts. Il a relevé que les experts et médias azerbaïdjanais, autrefois disposés à échanger avec leurs homologues arméniens, se montrent désormais beaucoup plus réservés, et que l’intérêt des médias azerbaïdjanais pour les experts arméniens a également diminué.

M. Navasardyan a évoqué l’initiative « Pont de la paix », qu’il a décrite comme un format de « piste et demie » associant experts indépendants, société civile et journalistes, dont l’agenda recoupe partiellement celui des autorités officielles. Selon lui, son objectif était d’éviter que des actions ponctuelles ne viennent perturber le processus de paix en pesant négativement sur l’opinion publique des deux sociétés. Il a estimé que ces sociétés ne sont pas encore pleinement prêtes à une normalisation des relations, et que le récent geste de l’Azerbaïdjan aurait pu faire basculer l’opinion publique d’une disposition favorable à une disposition défavorable envers le processus de paix, constituant selon lui un défi sérieux pour ce dialogue encore fragile, dont le soutien aurait diminué dans les deux pays.

L’analyste a rejeté l’idée que cet incident résulterait d’une simple méconnaissance ou ignorance, estimant au contraire que des processus complexes sont à l’œuvre dans la région et influencent le langage et l’orientation des déclarations officielles. Il a jugé que rien de tout cela ne pouvait se produire sans raisons politiques, et a exprimé l’espoir que les autorités arméniennes mesurent pleinement ces dynamiques et prennent les mesures appropriées, tout en soulignant que la communauté des experts doit elle aussi chercher à comprendre la situation.

M. Navasardyan a avancé plusieurs hypothèses, précisant qu’il s’agit de suppositions et non de certitudes. Il a d’abord suggéré qu’après les élections, des questions complexes jusque-là reportées seraient revenues à l’ordre du jour dans les relations arméno-azerbaïdjanaises, et qu’en l’absence d’accord préalable sur ces sujets, Bakou pourrait chercher à exercer une pression sur Erevan en montrant que tout ne se passe pas sans heurts dans le processus de normalisation, afin d’obtenir des solutions qui lui soient plus favorables. Il a également évoqué les développements politiques internes aux États-Unis, notamment les élections de mi-mandat à venir, qui pourraient affecter la position du président Donald Trump ; selon lui, un désengagement relatif de Washington dans des initiatives comme le TRIPP pourrait fragiliser l’appui sur lequel reposait récemment le règlement des relations entre Erevan et Bakou.

L’analyste n’a pas exclu non plus un facteur russe, estimant que les difficultés dans les relations de la Russie avec l’Arménie et avec l’Azerbaïdjan pourraient influencer les relations arméno-azerbaïdjanaises. Selon lui, Moscou n’aurait pas intérêt à un développement continu du processus de paix et pourrait chercher à peser sur les processus régionaux par divers mécanismes, citant en exemple une possible influence russe sur l’Iran en lien avec la question du TRIPP. Il a jugé nécessaire de clarifier également l’impact potentiel des relations entre l’Union européenne et l’Azerbaïdjan, et a appelé à déterminer clairement, dans les prochains temps, les causes du récent incident et à établir s’il s’agissait d’un cas isolé ou d’un développement plus large.

Concernant la visite organisée par l’Azerbaïdjan pour des diplomates, M. Navasardyan a estimé que la question ne se limite pas à leur participation à un événement donné, mais doit aussi tenir compte des règles habituelles relatives à la prise de photos et de vidéos lors d’événements publics ; il s’est interrogé sur le fait de savoir si les participants avaient été préalablement informés de possibles prises de vue et si leur consentement avait été dûment recueilli. Il a noté que la composante émotionnelle de la réaction arménienne avait été assez forte, tout en observant que l’Azerbaïdjan aurait pu organiser cette visite sur son territoire en respectant au moins deux principes, dont celui du consentement des personnes concernées à une exposition publique.

Source : Mer Oughin