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**Le député Arman Eghoyan (parti au pouvoir) a estimé que l’influence de la base militaire russe et de l’OTSC dans la défense du territoire souverain arménien est proche de zéro, jugeant vain de chercher une alternative à un système déjà inopérant. Selon lui, l’expérience historique du génocide arménien, survenu alors que la Russie et l’Empire ottoman étaient des puissances rivales et belligérantes, contredit la thèse selon laquelle la présence russe pourrait à elle seule prévenir une menace turque.**

Le député Arman Yeghoyan (bloc Contrat civil) s’est exprimé sur la refonte de l’architecture sécuritaire de l’Arménie, critiquant ce qu’il qualifie de mentalité « dachnaktsakan » (fédérationniste), soit selon lui une manière d’agir consistant à prendre des risques disproportionnés par rapport aux ressources disponibles. Selon lui, l’influence de la base militaire russe et de l’OTSC dans la défense du territoire souverain arménien est proche de zéro, ce qui rend vain, à ses yeux, le fait de chercher une alternative à un système qui n’existe déjà plus en tant que dispositif opérationnel.

D’après le député, l’État arménien doit se guider par ses propres intérêts stratégiques et développer ses infrastructures, comme le chemin de fer, sans se laisser contraindre par l’autorisation de pays tiers ni par d’anciens schémas historiques. Il a estimé que les débats en cours à l’Assemblée nationale, bien qu’influencés par la logique préélectorale, portent en réalité sur les fondements de l’État arménien et ses orientations stratégiques, à travers des discussions sur la déclaration d’indépendance, la Constitution, la politique étrangère et les perspectives stratégiques du pays.

Arman Yeghoyan a également évoqué les notions de « Russe politique » et de « Turc politique », précisant qu’il ne s’agit pas de nationalités mais d’identités politiques. Selon lui, la politique de l’Arménie ne doit pas être conditionnée par ce que pensent, à un moment donné, la Russie, la Turquie ou l’Azerbaïdjan à son sujet. Il a rejeté l’idée selon laquelle un éloignement de la Russie ou une réduction de son influence servirait automatiquement les intérêts de la Turquie et de l’Azerbaïdjan, estimant que la politique arménienne doit se fonder sur ses propres intérêts et non sur les calculs d’un pays tiers.

Le député a par ailleurs contesté l’idée selon laquelle la Russie constituerait un contrepoids à la Turquie pour l’Arménie. Il a rappelé que le génocide arménien s’est produit à une époque où la Russie et l’Empire ottoman étaient des puissances rivales et en guerre l’une contre l’autre. Selon son évaluation, l’expérience historique ne confirme donc pas la thèse selon laquelle la présence russe pourrait, en elle-même, prévenir une éventuelle menace turque. Il a ajouté que la coopération stratégique entre la Russie et la Turquie n’est pas un phénomène nouveau, ces deux pays ayant su, dans différentes régions, maintenir simultanément des contradictions et des mécanismes de coopération. Selon lui, il serait erroné pour l’Arménie de construire sa stratégie sur l’espoir d’un conflit entre Moscou et Ankara dont elle pourrait tirer profit.

Concernant les infrastructures ferroviaires et les communications régionales, Arman Yeghoyan a jugé que si de nouveaux flux économiques et de transport régionaux se dessinent, l’Arménie doit être prête à les desservir. Il a souligné que l’évaluation d’un projet stratégique ne doit pas se limiter aux seuls indicateurs actuels, le monde et les échanges commerciaux régionaux étant appelés à évoluer, et a rappelé que l’investissement et le profit sont liés : sans création ou reconstruction d’infrastructures, les flux économiques correspondants ne peuvent se former, citant à cet égard les discussions sur la reconstruction du chemin de fer.

Enfin, le député est longuement revenu sur sa définition du « fédérationnisme » (dachnaktsakan), qu’il associe à un comportement politique où les risques ne correspondent pas aux ressources disponibles, où le profit potentiel ne justifie pas les pertes possibles, et où les opportunités futures sont sacrifiées pour résoudre des problèmes hérités du passé. Selon lui, ce concept politique considère l’État uniquement comme un outil de résolution de « questions nationales » externes, une approche qu’il oppose à l’idée que l’intérêt de l’État est en soi l’intérêt national, cette mentalité étant selon lui prête à céder sa propre souveraineté contre un territoire ou une population plus vaste au sein d’un empire.

Source : Mer Oughin