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Selon Hambik Sarafian, président du comité central du Parti social-démocrate hentchakian, la diaspora arménienne manque aujourd’hui d’une stratégie unifiée pour défendre les intérêts de l’État arménien, les organisations locales étant souvent happées par les débats de politique intérieure. Il estime qu’il faut distinguer l’État arménien de son pouvoir en place, et privilégier une approche réaliste face aux défis extérieurs, notamment vis-à-vis de l’Azerbaïdjan et des relations avec Washington.

Dans un entretien accordé à 1inTV, Hambik Sarafian, président du conseil central du Parti social-démocrate hentchak, a estimé qu’il n’existe actuellement pas de stratégie unifiée au sein de la diaspora arménienne pour défendre les intérêts de l’État arménien, les organisations locales étant, selon lui, souvent happées par les débats de politique intérieure arménienne. Il a souligné que l’État arménien entretient désormais des liens directs avec Washington et n’a plus besoin d’intermédiaires, ce qui impose selon lui de repenser les formats d’action de la diaspora.

Selon Hambik Sarafian, la communauté arménienne des États-Unis suit de près les évolutions en Arménie et dans la région, mais il ne serait pas réaliste d’attendre d’elle une grande influence politique sur l’ensemble des dossiers. Il a rappelé que l’Arménie cherche à poursuivre le processus de paix avec l’Azerbaïdjan, alors que la sensibilité reste forte dans la diaspora sur la question des prisonniers arméniens. Il a jugé que Bakou utilise cette question, ainsi que les procès qu’il a qualifiés d’illégaux, comme un levier politique, de même que certaines déclarations sur le Gandzasar ou le prétendu « Azerbaïdjan occidental », visant selon lui à attiser la scène politique intérieure arménienne. Il a estimé qu’une réponse officielle est nécessaire, le ministère des Affaires étrangères ayant un rôle à jouer, mais que l’Arménie ne doit pas réagir de façon excessive à chaque déclaration, insistant sur la nécessité de distinguer le discours des actes susceptibles d’affecter réellement les relations bilatérales et le processus de paix.

M. Sarafian a par ailleurs affirmé que la diaspora n’a jamais constitué un corps uni, chaque communauté ayant ses spécificités et ses approches politiques propres, une différence particulièrement visible selon lui entre la diaspora traditionnelle et les Arméniens émigrés d’Arménie, notamment aux États-Unis et à Los Angeles. Il a noté que si la question de la reconnaissance du génocide a permis de dégager une position relativement commune au fil des années, aucun consensus comparable ne s’est formé sur la politique étrangère arménienne, les divergences dans la diaspora tenant largement, selon lui, aux différentes attitudes des organisations à l’égard des autorités arméniennes.

Il a par ailleurs jugé nécessaire de distinguer l’État arménien du pouvoir en place, estimant que l’on peut être en désaccord avec les autorités sans pour autant s’éloigner de l’intérêt national. Il a également relevé une évolution de la nature des relations entre l’Arménie et les États-Unis ces dernières années : alors que les organisations arméno-américaines jouaient autrefois un rôle d’intermédiaire entre les autorités arméniennes et l’administration américaine, le ministère arménien des Affaires étrangères et l’ambassade entretiennent aujourd’hui des contacts directs avec le gouvernement américain, ce qui a selon lui réduit ce rôle traditionnel.

Selon Hambik Sarafian, l’Arménie a su construire avec les États-Unis une coopération mutuellement avantageuse, fondée non seulement sur des arguments moraux ou de valeurs mais aussi sur des intérêts réciproques, ce qui constituerait une base plus solide pour les relations bilatérales. Il a souligné que les organisations arméno-américaines ne représentent pas l’ensemble de la diaspora et que, si elles peuvent organiser des événements ou travailler avec des membres du Congrès, il ne serait pas réaliste de leur prêter une grande influence politique, sans pour autant nier le rôle que peuvent jouer certains individus.

Concernant la question des prisonniers, M. Sarafian a appelé au réalisme, estimant que l’approche principale de Washington consiste à encourager l’Arménie et l’Azerbaïdjan à poursuivre les négociations jusqu’à la paix, ce qui pourrait permettre de régler plus rapidement ce dossier. Il a estimé que Washington ne compte pas dépenser un grand capital politique en dégradant ses relations avec l’Azerbaïdjan pour obtenir une démarche spécifique en faveur de l’Arménie, la politique internationale reposant selon lui avant tout sur les intérêts des États et une coopération mutuellement avantageuse. Il a jugé dangereux pour l’Arménie de nourrir des attentes excessives envers les acteurs internationaux, plaidant pour une résolution pacifique de la question des prisonniers, qui ne devrait pas devenir, selon lui, un enjeu de politique intérieure arménienne.

Source : Mer Oughin