Selon le ministre de l’Administration territoriale et des Infrastructures, David Khoudatian, l’Arménie étudie l’interconnexion de ses réseaux électriques avec la Turquie, l’Iran, la Géorgie et l’Azerbaïdjan, notamment via la ligne Kars-Gumri, afin de renforcer la stabilité énergétique du pays. Il a précisé que la décision finale sur la construction d’une nouvelle centrale nucléaire, attendue au premier semestre 2027, reposera uniquement sur des critères économiques et sécuritaires, des offres étant à l’étude auprès de partenaires russes, européens, américains, chinois et sud-coréens.
Le ministre arménien de l’Administration territoriale et des Infrastructures, David Khoudatyan, s’est exprimé sur les projets d’interconnexion énergétique de l’Arménie avec ses voisins, lors d’un entretien avec Petros Ghazaryan. Selon lui, les échanges d’électricité et le commerce avec différents pays garantissent la sécurité économique et la stabilité du pays. Il a précisé qu’une délégation de l’organisation turque de transport d’électricité, en visite en Arménie, a discuté avec les autorités arméniennes de la connexion des systèmes énergétiques des deux pays, de l’échange d’électricité et du commerce bilatéral dans ce domaine. Il a souligné que des discussions similaires sont également menées avec l’Iran, la Géorgie et l’Azerbaïdjan.
D’après le ministre, l’option la plus avancée avec la Turquie concerne l’utilisation de la ligne électrique Kars-Gyumri, dont les principaux tronçons sont relativement bien préservés et pourraient être remis en service moyennant des investissements limités. La construction d’autres lignes pourrait être envisagée ultérieurement. Il a insisté sur le fait que cette interconnexion ne vise pas à créer une dépendance envers un pays en particulier, mais au contraire à renforcer la résilience et la stabilité du système énergétique arménien, à l’image des réseaux européens interconnectés entre plusieurs pays. Il a ajouté que l’Arménie pourrait, selon les besoins, acheter de l’électricité à la Turquie, voire lui en vendre si les conditions le permettent.
Interrogé sur des informations relayées concernant le Réseau électrique d’Arménie (ՀԷՑ), David Khoudatyan a démenti toute rencontre ou discussion à ce sujet avec la délégation turque, précisant que le communiqué officiel du ministère indiquait clairement que les échanges avaient eu lieu avec des opérateurs énergétiques homologues. Selon lui, les publications évoquant une possible vente du ՀԷՑ à une organisation turque seraient liées à des rumeurs non confirmées, aucune discussion sur ce sujet n’ayant eu lieu.
Le ministre a également abordé les projets de construction d’une nouvelle centrale nucléaire en Arménie, évoquant des discussions en cours avec des partenaires de différents pays, dont la Fédération de Russie, et l’examen de plusieurs propositions. Il a expliqué que si l’attention s’était d’abord portée sur de petits réacteurs modulaires, la croissance rapide de la consommation électrique arménienne, notamment liée au développement de l’intelligence artificielle et d’autres industries énergivores, a modifié la donne. Selon lui, plus la production d’électricité augmentera en Arménie, plus le potentiel de consommation sera important, de sorte que la puissance de la future centrale devra être déterminée sur la base de calculs économiques et énergétiques précis.
David Khoudatyan a souligné que la décision de construire une centrale nucléaire n’est pas uniquement politique, dans la mesure où il s’agit d’investissements se chiffrant en milliards de dollars, avec un impact direct sur le tarif de l’électricité et donc sur les factures des citoyens. Il a affirmé que le gouvernement n’entend transformer aucune opportunité politique en charge économique pour la population, et qu’il se laissera guider par des critères de sécurité et de pertinence économique. Il a confirmé que la proposition russe est actuellement examinée, tout en insistant sur la nécessité de prendre en compte la sécurité et la stabilité du système énergétique, estimant indésirable qu’une centrale nucléaire puisse devenir un outil de pression ou de sanction de la part d’un quelconque pays.
Selon le ministre, la décision finale concernant la nouvelle centrale nucléaire est attendue pour le premier semestre 2027. Elle devra ensuite permettre de préciser le modèle de réacteur, ses caractéristiques techniques et le pays constructeur. Il a indiqué que l’Arménie dispose de propositions émanant d’Europe, de Russie, des États-Unis, de Chine et de Corée du Sud, incluant aussi bien des réacteurs modulaires de petite taille que des unités plus puissantes, pouvant atteindre jusqu’à 1000 mégawatts de capacité installée.
Source : Mer Oughin

