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**Le député Arman Yeghoyan, qui dirige la commission d’enquête sur l’Église apostolique arménienne, a précisé que celle-ci ne jugera pas de personnes ni de questions dogmatiques, mais étudiera les relations entre l’Église et l’État afin de proposer des solutions législatives sur la fiscalité, le patrimoine et les finances ecclésiastiques.** Selon lui, le statut particulier accordé par la Constitution à l’Église implique aussi des obligations, et la commission entend entendre toutes les parties pour identifier les problèmes de fond.

Le député du groupe parlementaire Pacte civique (ԱԺ ՔՊ) Arman Eghoyan, qui dirige la commission d’enquête créée au sujet de l’Église apostolique arménienne, a expliqué à Civilnet l’objectif de cette commission. Selon lui, il s’agit avant tout d’étudier les problèmes existant dans les relations entre l’Église et l’État et de proposer des solutions législatives, notamment sur la fiscalité des biens ecclésiastiques, la transparence financière et les conditions de travail des membres du clergé.

M. Eghoyan a précisé que la commission ne jugera pas de personnes et ne traitera pas de questions doctrinales ou canoniques, mais examinera des principes et des notions juridiques. Il a estimé que le statut spécial accordé par la Constitution à l’Église apostolique arménienne implique non seulement des droits particuliers, mais aussi certaines obligations. Répondant aux critiques dénonçant une ingérence de l’État dans les affaires internes de l’Église, il a rappelé que la Constitution consacre la séparation des organisations religieuses et de l’État, tout en soulignant qu’une loi spécifique régit par ailleurs les relations entre l’Église apostolique et l’État, d’où la nécessité, selon lui, de clarifier la limite entre les compétences des deux institutions.

Le député a également jugé que l’activité politique de l’Église devait être discutée, s’interrogeant sur la légitimité du fait que de hauts responsables religieux dirigent des mouvements politiques en les qualifiant de « sacrés ». Selon lui, si l’Église peut exprimer sa position sur la gouvernance et la politique de l’État, ce dernier doit aussi pouvoir poser des questions en retour, à condition de définir des critères clairs permettant de savoir quand cette limite est franchie.

Évoquant la situation sociale du clergé, Arman Eghoyan a indiqué que des prêtres s’étaient adressés à lui en lui transmettant des informations sur leurs salaires, certains ne touchant pas, selon lui, le salaire minimum légal. Il s’est interrogé sur la manière dont les membres du clergé des petites communautés peuvent subvenir à leurs besoins lorsque leurs revenus dépendent principalement des baptêmes, mariages et dons. Selon lui, l’État doit étudier cette question sans préjuger de la solution à adopter, en s’inspirant des différents modèles de rémunération du clergé existant dans d’autres pays.

Le député a par ailleurs insisté sur la nécessité de transparence financière de l’Église, évoquant la question de ses revenus, notamment ceux issus de la vente d’objets liturgiques, et de l’utilisation de ces fonds. Il a cité l’exemple d’un éventuel mécanisme où l’Église paierait l’impôt sur les bénéfices, l’État reversant ensuite ces sommes au financement de programmes, tout en précisant qu’il faut d’abord connaître les revenus réels et les besoins financiers de l’Église pour évaluer l’efficacité d’un tel dispositif.

Interrogé sur le niveau élevé de confiance du public envers l’Église, M. Eghoyan a estimé que les sondages ne pouvaient à eux seuls déterminer l’absence de problèmes dans le fonctionnement d’une institution. Il a rappelé que les questions relatives aux relations entre l’Église et l’État avaient déjà été débattues des décennies plus tôt, les autorités politiques ayant, selon lui, influencé à différentes époques le processus d’élection du catholicos, estimant nécessaire d’étudier cette expérience historique. Il a enfin indiqué que la commission prévoyait d’entendre des membres du clergé aux opinions diverses ainsi que d’autres participants, les débats pouvant se tenir sous forme ouverte ou fermée selon la nature des questions abordées.

Source : Mer Oughin