Dans une tribune, Vahram Atanessian estime que, selon lui, Israël chercherait, par l’Azerbaïdjan et le Kazakhstan, à empêcher Erdogan de transformer l’Organisation des États turciques en alliance politico-militaire institutionnelle. Il juge que le sommet du 30 octobre à Ankara sera un test et qu’un soutien de Vladimir Poutine à Erdogan pour bâtir le « Touran » serait « très indésirable ».
Dans une tribune, Vahram Atanessian estime que, selon lui, Israël cherche, par l’intermédiaire de l’Azerbaïdjan et du Kazakhstan, à faire échouer le projet du président turc Recep Tayyip Erdogan de transformer l’Organisation des États turciques en une alliance militaro-politique institutionnalisée. Il présente cette lecture comme une supposition.
L’auteur note que certains cercles d’experts arméniens voient dans les tensions turco-azerbaïdjanaises une opportunité pour l’Arménie. Selon lui, ces divergences étaient déjà apparues lors de la signature des protocoles arméno-turcs et de la « diplomatie du football ». Il rappelle qu’à l’initiative de Mehriban Aliyeva, l’Azerbaïdjan avait envoyé à Ankara des femmes jouissant d’une autorité publique, qui s’étaient rendues au mausolée de Mustafa Kemal et avaient déclaré que les autorités turques trahissaient l’Azerbaïdjan. Il juge qu’il y a eu des pressions diplomatiques avant et après cette démarche, et qu’Ankara a fait marche arrière dans le processus avec l’Arménie.
Atanessian souligne que la Fédération révolutionnaire arménienne (Dachnaktsoutioun) s’était elle aussi fermement opposée à la réconciliation arméno-turque, et que le slogan « Président, ne cède pas » avait largement circulé dans la diaspora. Il rappelle l’accueil réservé à Serge Sargsian à Paris lorsqu’il tentait de défendre l’importance des protocoles de Zurich.
Il observe que les experts arméniens se focalisent sur le fait que le représentant azerbaïdjanais est resté dans la salle lors du discours du Premier ministre israélien à la session de l’Assemblée générale de l’ONU, et y voient la cause des désaccords turco-azerbaïdjanais. Pour l’auteur, la logique veut au contraire que ce représentant ne serait pas resté jusqu’au bout si ces désaccords n’existaient pas déjà. La vraie cause de ces tensions est, dit-il, la question essentielle pour l’Arménie. Il estime que l’intérêt de Bakou à faire échouer les protocoles de Zurich était évident, car l’ouverture de la frontière et l’établissement de relations diplomatiques auraient pu être perçus comme une reconnaissance de fait, par la Turquie, de la position d’Erevan sur le Haut-Karabagh.
L’auteur s’interroge sur l’intérêt actuel de l’Azerbaïdjan à s’opposer à la normalisation arméno-turque et sur le lien éventuel avec les tensions. Il rappelle que le sommet de l’Organisation des États turciques doit se tenir à Ankara le 30 octobre. Le 15 octobre, Bakou a accueilli la conférence sur l’interaction et les mesures de confiance en Asie : la Turquie y était représentée par son ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, et Israël par son président, Isaac Herzog, lequel a eu à Bakou des rencontres séparées avec les présidents azerbaïdjanais et kazakh.
Selon Atanessian, le 30 octobre sera ainsi une épreuve non seulement pour Erdogan, Aliyev et Tokaïev, mais aussi pour le monde turcique. Il juge qu’il serait « très indésirable » que Vladimir Poutine apporte son soutien à Erdogan dans la concrétisation du « Touran ».
Source : Mer Oughin

