mer-oughin-35668
3 min de lecture

Dans une tribune, Vahram Atanessian estime que les résultats des élections locales, où la majorité des votants n’a pas accordé sa confiance à l’opposition parlementaire, signalent une crise du système politique arménien. Selon lui, l’opposition actuelle est « épuisée », mais la question de l’alternative au pouvoir reste posée.

Dans une tribune, Vahram Atanessian s’interroge sur la raison pour laquelle l’opposition a politisé les élections locales (TIM). Il rappelle qu’à Artachat, un membre du Bureau de la FRA (Dachnaktsoutioun) en Arménie a déclaré briguer le poste de chef de communauté afin de réaliser l’objectif selon lequel « la question de l’Artsakh n’est pas close ».

Selon l’auteur, les résultats sont, « pour le moins », peu réconfortants pour la FRA et pour le parti « Arménie forte ». Le représentant de la FRA Ishkhan Saghatélian a toutefois procédé à un calcul arithmétique, remercié les électeurs de la FRA et assuré que « la lutte continue ». L’auteur estime que le pouvoir et le Contrat civil n’ont pas politisé le scrutin d’emblée, mais que le Premier ministre Nikol Pachinian l’a qualifié de défaite écrasante du « parti de la guerre » et a évoqué la nécessité d’une opposition « de nouvelle qualité ».

Il juge que la FRA et « Arménie forte » savaient sans doute qu’elles n’avaient pas les ressources pour l’emporter, ni même former un pouvoir local dans une seule commune, et que leur position donne l’impression d’une « retraite honorable ». Il rappelle qu’avant le vote, M. Pachinian avait évoqué la possibilité d’une discussion avec l’opposition sur la soumission du projet de Constitution à référendum.

L’auteur pose alors plusieurs questions : la FRA et « Arménie forte » soutiendront-elles le Contrat civil pour que le projet soit approuvé par l’Assemblée nationale puis soumis à référendum, ou poursuivront-elles la lutte annoncée par M. Saghatélian ? L’alliance « Arménie » et la fraction « Arménie forte » sont-elles d’accord sur l’adoption ou le rejet de la Constitution ? Si elles ne divergent pas, pourquoi n’ont-elles présenté de candidat commun dans aucune commune ? Il note aussi que les partis extraparlementaires n’ont pas participé au scrutin ni soutenu les candidats de l’opposition.

Pour Vahram Atanessian, la portée politique du scrutin est qu’une écrasante majorité des votants ne fait pas confiance à l’opposition parlementaire, ce qui est selon lui un signal sérieux de crise du système politique arménien. Il indique qu’une part importante des experts estime que la FRA et « Arménie forte » sortiraient du champ politique lors d’élections législatives anticipées.

Il écrit que l’Arménie ne peut reculer sur la démocratie et le pluralisme politique, et que les critiques du scrutin comparent les résultats du Contrat civil à l’époque soviétique. Selon lui, un Contrat civil détenant 80 % des sièges après des législatives anticipées serait indésirable avant tout pour M. Pachinian lui-même. Il conclut que l’opposition actuelle est bel et bien épuisée, mais demande qui pourrait constituer l’alternative au pouvoir.

Source : Mer Oughin