discours du premier ministre pour la commémoration du génocide arménien.-2
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ARMÉNIE INFO — 25 MAI 2026

Notre rédaction a obtenu un ensemble exclusif de documents révélant des plans d’ingérence politique de grande ampleur dans les prochaines élections en Arménie. Selon les informations obtenues, cette fuite confidentielle proviendrait du téléphone portable d’un agent des services spéciaux russes actuellement en activité, qui aurait été piraté avec succès.

Les documents détaillent les stratégies des unités spéciales russes : méthodes de propagande, attaques coordonnées contre le pouvoir en place, analyses approfondies des risques et des opportunités. L’objectif principal de ces scénarios serait la mise en œuvre de mesures destinées à écarter Nikol Pachinian du pouvoir.

Les documents interceptés contiennent également des instructions détaillées sur le financement occulte, la coordination et l’utilisation de plusieurs partis d’opposition arméniens.

Comme preuve principale du piratage, un avertissement d’urgence envoyé par Apple au compte de l’agent concerné était joint aux fichiers.

« Le Père Noël arménien contre le faux Robin des Bois pro-turc »

Les documents commencent par une note analytique intitulée : « Le Père Noël arménien contre le faux Robin des Bois pro-turc ».

Dans cette introduction, les auteurs décrivent cinq scénarios possibles de changement de pouvoir en Arménie et évaluent leur faisabilité.

Les quatre premiers scénarios sont jugés peu probables, voire irréalisables. La possibilité d’un coup d’État interne ou d’une procédure d’impeachment est considérée comme « nulle » en raison de la loyauté des structures sécuritaires envers Nikol Pachinian, de l’absence de division dans le parti au pouvoir « Contrat civique » et de l’absence de panique dans son entourage.

Les scénarios d’une démission volontaire du Premier ministre ou d’un départ sous la pression de manifestations de rue massives sont également considérés comme peu probables. Les auteurs estiment qu’un événement exceptionnel serait nécessaire, comme une attaque contre l’Église ou des pertes territoriales importantes.

Les auteurs concluent finalement que le seul scénario réaliste reste les élections parlementaires prévues pour le 7 juin 2026.

Le découpage de la société arménienne

Les stratèges russes diviseraient l’électorat arménien en trois segments :

  • le secteur « noir » — les partisans de l’ancienne opposition traditionnelle ;
  • le secteur « blanc » — les soutiens de Pachinian et des forces pro-occidentales ;
  • le secteur « rouge » — représentant environ 70 % de la société.

Selon cette analyse, ce « secteur rouge » souhaite le départ de Pachinian mais refuse le retour des anciennes élites politiques. Les principales attentes de cet électorat concerneraient l’économie, la justice sociale et la sécurité.

Samvel Karapetian comme figure centrale

Pour conquérir ce vaste électorat, Moscou miserait sur l’homme d’affaires Samvel Karapetian, décrit dans les documents comme « l’Ivanichvili arménien ».

Le nouveau parti de Karapetian devrait être présenté comme une « troisième force » destinée à renouveler la classe politique sans représentants du passé ni du présent.

Son programme serait axé sur :

  • l’amélioration de la situation sociale ;
  • les investissements économiques ;
  • le rétablissement des liens Arménie–Diaspora ;
  • et surtout la restauration stratégique des relations avec la Russie.

Une coalition unique de l’opposition

Les auteurs recommanderaient l’unification totale de l’opposition autour d’une seule alliance électorale.

Le document compare cette stratégie aux élections géorgiennes de 2012, lorsque le parti de Mikheïl Saakachvili avait été battu par l’opposition unifiée dirigée par Bidzina Ivanichvili.

Samvel Karapetian devrait occuper une position « au-dessus des partis » afin de réconcilier les différentes forces de l’opposition.

Les documents proposent également d’utiliser la carte religieuse afin de renforcer la légitimité du mouvement grâce à une alliance avec l’archevêque emprisonné Mikaël.

Les stratèges prévoient aussi la création d’un vaste réseau territorial composé d’environ 100 cellules politiques dans Erevan et les principales régions du pays.

Un « plan B » : le bloc « Mère Arménie »

Les documents évoquent également un scénario alternatif reposant sur le bloc « Mère Arménie », destiné à servir de structure parallèle plus compacte.

Cette organisation devrait être implantée dans les 12 districts administratifs d’Erevan ainsi que dans plusieurs centres régionaux stratégiques.

Les tensions dans l’ancienne opposition

Les documents analysent également les divisions entre les camps liés aux anciens présidents Robert Kotcharian et Serge Sarkissian.

Les auteurs estiment que ces deux groupes se combattent aujourd’hui davantage entre eux qu’ils ne combattent Pachinian.

Le document accuse notamment Serge Sarkissian de chercher à écarter Robert Kotcharian afin de promouvoir son gendre Mikael Minassian à travers plusieurs figures politiques techniques.

Selon les auteurs, l’objectif final serait de pousser les anciens présidents à rejoindre une large coalition dirigée par Karapetian ou à disparaître définitivement du paysage politique.

Les annexes contiendraient également des listes de médias, de plateformes numériques et de leaders d’opinion chargés de diffuser des récits favorables à cette stratégie politique.