hebdo-histoire-2026-10-04
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4 octobre 2023

Le 4 octobre 2023, la République d’Arménie franchit une étape discrète mais significative de sa politique de sécurité nationale : la création officielle du Service de renseignement extérieur (FIS), placé sous l’autorité directe du Premier ministre. Cette nouvelle agence a vocation à remplacer progressivement le Service national de sécurité (SNS), héritier direct du KGB de la RSS d’Arménie, dans un délai initialement fixé à trois ans.

La genèse de ce projet remonte au 20 décembre 2022, lorsque l’Assemblée nationale arménienne approuve la création de cette agence civile. Armen Grigorian, secrétaire du Conseil de sécurité, précise alors que le FIS ne mènera pas d’opérations physiques, réservées à un autre service, mais se concentrera sur la collecte de renseignements. L’opposition conteste toutefois sa subordination au Premier ministre et doute qu’un pays aussi peu peuplé que l’Arménie puisse bâtir un nouveau service de renseignement crédible.

Cette réforme s’inscrit dans un climat de défiance croissante du gouvernement de Nikol Pachinian envers le SNS, soupçonné de liens avec la Russie, en particulier après l’arrestation de son ancien directeur Artur Vanetsian, accusé d’avoir préparé un coup d’État. Elle traduit plus largement l’éloignement stratégique de l’Erevan vis-à-vis de Moscou et son rapprochement avec les puissances occidentales. Avant le lancement de l’agence, Richard Moore, chef du Secret Intelligence Service britannique, et de hauts responsables de la CIA se rendent en Arménie, ces services occidentaux appuyant la constitution et le développement du FIS.

Kristinne Grigorian, ancienne Ombudsman d’Arménie ayant démissionné en janvier 2023 puis formée auprès de services secrets occidentaux, devient la première directrice de l’agence. Le FIS affirme son impartialité politique, son attachement à l’ordre démocratique et sa volonté de coopérer avec les services de pays considérés comme des partenaires de confiance, afin de « prévoir, prévenir et empêcher » les menaces extérieures pesant sur l’État et la nation arméniens.