6 octobre 1999
Le 6 octobre 1999 s’éteignait à Erevan Tatevik Sazandarian, l’une des grandes voix de l’opéra arménien du XXe siècle. Née le 20 août 1916 à Khndzoresk, dans l’actuelle région de Syunik, elle avait grandi à Bakou, où son talent s’était révélé très tôt : dès l’âge de dix ans, elle chantait comme soliste dans la chorale de son école.
C’est à seize ans qu’elle quitte Bakou pour Moscou, où elle se produit dans divers spectacles amateurs. Son talent remarqué, elle y poursuit sa formation auprès de Ruben Simonov, puis commence à donner des concerts dès 1933, tout en continuant ses études auprès de Sargis Barkhudaryan. Ce parcours la mène en 1937 au Théâtre de l’Opéra d’Erevan, où elle devient soliste.
Mezzo-soprano accomplie, elle marque les esprits dans des rôles emblématiques du répertoire arménien, interprétant Parandzem dans Arshak II de Tigran Chukhajian et Tamar dans David Bek d’Armen Tigranian. Elle s’illustre également dans des œuvres du répertoire international telles que Carmen, Aida et Eugène Onéguine, démontrant l’étendue de son talent artistique.
Sa renommée dépasse rapidement les frontières de l’Arménie soviétique. Elle se produit dans les principales villes de l’URSS, mais aussi en Perse, en Suède, en Tunisie, en Hongrie, en Syrie en 1956, en Belgique en 1958 et 1962, en Grèce en 1959, en Tchécoslovaquie en 1960, puis en France en 1963, portant ainsi l’art lyrique arménien sur les scènes du monde entier.
Son engagement ne se limite pas à la scène : à partir de 1961, elle enseigne au Conservatoire d’Erevan, où elle devient professeur en 1970, tout en dirigeant le département de chant soliste à l’Institut du théâtre d’Erevan, transmettant ainsi son savoir aux générations suivantes.
Sa carrière est couronnée de nombreuses distinctions, dont le Prix d’État de l’URSS en 1951 et l’Ordre de Saint-Mesrop-Mashtots en 1997. En 2016, un timbre arménien est émis pour le centenaire de sa naissance, la représentant dans le rôle d’Almast de l’opéra d’Alexandre Spendarian. Un concert commémoratif lui est également dédié en mai 2017 au Théâtre national d’opéra et de ballet d’Erevan, témoignage durable de son empreinte sur la culture arménienne.

