14 octobre 2024
Le 14 octobre 2024, le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel, communément appelé prix Nobel d’économie, a été attribué à Daron Acemoğlu, Simon Johnson et James A. Robinson pour leurs travaux « sur la manière dont les institutions se forment et affectent la prospérité ». Parmi ces trois lauréats figure un économiste d’origine arménienne, Daron Acemoğlu, né le 3 septembre 1967 à Istanbul.
Diplômé du lycée de Galatasaray à Istanbul en 1986, Daron Acemoğlu poursuit sa formation à l’université d’York, puis effectue sa maîtrise et son doctorat à la London School of Economics, obtenu en 1992. C’est à cette époque qu’il rencontre pour la première fois Thomas Piketty, alors également doctorant. En 1993, il rejoint le Massachusetts Institute of Technology, où il occupe depuis un poste de professeur d’économie et détient la chaire Charles P. Kindleberger.
Son œuvre scientifique est considérable : près de 200 articles publiés dans des revues à comité de lecture, dont plus de 75 dans les cinq revues d’économie les plus prestigieuses. En 2023, il comptait parmi les trois économistes les plus cités au monde. Avec Simon Johnson et James A. Robinson, il a notamment signé un article de référence sur les origines coloniales du développement comparatif, montrant comment les institutions actuelles héritent souvent des choix faits durant la colonisation, en particulier selon que les colons s’y sont durablement installés ou non.
Dans l’ouvrage Prospérité, puissance et pauvreté, coécrit avec James Robinson et publié en 2012, Acemoğlu défend l’idée que la prospérité des nations repose sur des fondements avant tout politiques : investissement et innovation ne prospèrent que si ceux qui les portent ont la certitude de ne pas être dépouillés du fruit de leur réussite par les puissants en place.
Son parcours a déjà été jalonné de nombreuses distinctions, dont la médaille John-Bates-Clark en 2005, avant ce prix Nobel d’économie 2024 qui vient couronner l’ensemble de ses recherches sur les institutions et la prospérité économique, et qui met en lumière le parcours d’un chercheur d’origine arménienne au sommet de la discipline économique mondiale.

