hebdo-histoire-2026-10-19
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19 octobre 2025

Le 19 octobre, le pape Léon XIV a canonisé Ignatius Maloyan, cent dix ans après le début du génocide arménien. Cet anniversaire replace cet événement dans la mémoire d’un crime qui a frappé le peuple arménien entre avril 1915 et juillet 1916, voire jusqu’en 1923, et qui a coûté la vie à environ un million deux cent mille Arméniens d’Anatolie et d’Arménie occidentale.

Ce génocide fut planifié et exécuté par le Comité Union et Progrès, parti alors au pouvoir dans l’Empire ottoman, plus connu sous le nom de « Jeunes-Turcs ». Le triumvirat formé par Talaat Pacha, Enver Pacha et Djemal Pacha dirigeait alors un empire engagé dans la Première Guerre mondiale aux côtés des Empires centraux. Les déportations et massacres furent préparés depuis Constantinople, capitale de l’Empire, puis mis en œuvre localement par les autorités des différents districts et provinces.

Chaque responsable local avait pour tâche de rassembler les administrés arméniens, avant que soldats et gendarmes ottomans n’escortent les convois jusqu’au désert dans ce qui est resté connu comme les « marches de la mort ». Ces convois furent la proie d’assassinats directs ou de la violence de groupes de bandits armés, majoritairement kurdes, tandis que de nombreux criminels, regroupés dans l’« Organisation spéciale », avaient été libérés par les autorités ottomanes à cette fin.

La reconnaissance de ce génocide continue de faire l’objet de controverses à travers le monde, en raison notamment de sa négation par la Turquie. En septembre 2023, trente-trois pays l’avaient officiellement reconnu. Des parallèles ont par ailleurs été établis entre ce génocide et d’autres tragédies du XXe siècle, comme la Shoah, pour le contrôle étatique des mouvements de population visée, ou le génocide des Tutsi du Rwanda, pour le caractère local de la violence et l’implication de populations civiles devenues bourreaux.

La canonisation d’Ignatius Maloyan par le pape Léon XIV, survenue cent dix ans après le début de ces événements, s’inscrit ainsi dans la continuité de la mémoire arménienne de cette période, rappelant la dimension religieuse et humaine des persécutions subies par le peuple arménien au sein de l’Empire ottoman.