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Publié le 29 avril 2026

La cathédrale Sainte-Mère-de-Dieu de Stepanakert, au Haut-Karabagh, a été entièrement détruite, selon plusieurs images satellites et rapports diffusés fin avril 2026. Cet édifice emblématique de la présence arménienne dans la région n’apparaît plus sur son site, confirmant les informations relayées ces derniers jours.

Située dans un territoire passé sous contrôle de l’Azerbaïdjan depuis 2023, la disparition de cette cathédrale s’inscrit dans un contexte plus large de transformation du paysage culturel local. D’autres bâtiments religieux, dont l’église Saint-Jacques, auraient également été démolis.

Consacrée en 2019 après de longues années de travaux, la cathédrale représentait un repère majeur pour les Arméniens du Haut-Karabagh, également appelé Artsakh. Plusieurs organisations dénoncent aujourd’hui une politique visant à faire disparaître les traces matérielles de cette présence historique.

De son côté, l’Église apostolique arménienne évoque une atteinte directe au patrimoine chrétien arménien et s’inquiète des conséquences sur la mémoire culturelle de la région. Ces destructions interviennent dans un climat politique encore fragile entre Erevan et Bakou.

Un territoire vidé de sa population arménienne

Depuis la reprise du Haut-Karabagh par l’Azerbaïdjan en 2023, la quasi-totalité de la population arménienne a quitté la région. Plus de 120 000 personnes ont fui vers l’Arménie, mettant fin à une présence historique pluriséculaire.

Dans les mois et années qui ont suivi, plusieurs rapports indépendants ont signalé des dégradations ou destructions de sites religieux et de cimetières arméniens. L’absence d’accès international complique toutefois l’évaluation complète de ces transformations.

L’Azerbaïdjan conteste ces accusations et affirme, pour sa part, que certains monuments relèvent d’un héritage plus ancien, lié notamment à l’Albanie du Caucase.

Des négociations toujours fragiles

Malgré des discussions engagées entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, aucun accord de paix définitif n’a encore été conclu. Plusieurs points sensibles restent en suspens, notamment la question des réfugiés et les équilibres territoriaux.

Dans ce contexte, la disparition de la cathédrale de Stepanakert dépasse la seule dimension patrimoniale : elle illustre les tensions persistantes autour de l’identité, de la mémoire et de l’avenir du Haut-Karabagh.


Source :
Aleteia – « Haut-Karabagh : l’Azerbaïdjan rase la cathédrale de Stepanakert », 29 avril 2026.
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By Raffy