La signature définitive de l’accord de paix dépend fortement des développements internationaux, notamment de la guerre russo-ukrainienne, de la situation autour de l’Iran et des capacités de médiation des États-Unis.
1inTV s’est entretenu avec Vahram Atanesyan, ancien député de l’ex-Artsakh. Selon lui, les déclarations des responsables azerbaïdjanais ne doivent pas être interprétées comme de nouvelles préconditions : voici un an, Erevan et Bakou avaient, dans le document paraphé à Washington sur la paix et l’établissement de relations, reconnu mutuellement leur intégrité territoriale dans les frontières du 21 décembre 1991.
Bakou considère les formulations du préambule de la Constitution arménienne comme un obstacle juridique, mais leur révision relève des affaires intérieures arméniennes — un projet de réforme constitutionnelle discuté par les autorités arméniennes depuis 2018 déjà, selon M. Atanesyan. Il estime que les déclarations répétées de Bakou visent surtout à peser sur le débat politique intérieur arménien plutôt qu’à accélérer la signature.
Répondant à une déclaration du conseiller azerbaïdjanais Hikmet Hajiyev selon laquelle la paix régnerait déjà dans la région, M. Atanesyan a jugé cette formule conforme à la ligne habituelle du président azerbaïdjanais : un document de paix a été paraphé, une paix relative est observée à la frontière, et Bakou autorise même le transit de marchandises vers l’Arménie ainsi que la vente d’essence et de diesel — autant de signes, selon lui, qu’une normalisation complète reste possible.
Sur la session du Conseil intergouvernemental de l’UEE à laquelle doit participer le Premier ministre Nikol Pachinian, M. Atanesyan estime que le traité de l’union ne s’applique plus pleinement à l’Arménie, la Russie lui imposant des restrictions économiques qu’il qualifie de violation flagrante du traité fondateur. La position des autres membres — Kazakhstan, Kirghizistan — sera déterminante : s’ils soutenaient l’approche russe, cela pourrait selon lui précipiter le délitement même de l’UEE.
Il a également estimé qu’une exigence russe de référendum sur le maintien de l’Arménie dans l’UEE serait contraire au traité de l’organisation, qui ne prévoit qu’une procédure de retrait, non un référendum obligatoire.
Selon lui, la Russie recherche une relation exclusive avec l’Arménie alors que celle-ci doit mener une politique extérieure multivectorielle ; c’est le comportement russe lui-même qui pousserait Erevan vers d’autres partenaires économiques et sécuritaires. Le chemin de fer, l’énergie et le commerce extérieur resteraient toutefois fortement dépendants de la Russie, une dépendance qui ne pourrait être levée par des mesures brutales.
M. Atanesyan a enfin évoqué les récentes rencontres de haut niveau entre l’Asie centrale et l’Azerbaïdjan, susceptibles selon lui de poser les bases d’un nouvel espace économique et de communication Asie centrale-Caucase du Sud, dont la Russie ne pourrait faire abstraction. L’Arménie, conclut-il, doit mener une politique extérieure flexible et diversifiée fondée sur la convergence d’intérêts plutôt que sur la dépendance.
Source : Mer Oughin

