Dans une tribune, Vahram Atanessian revient sur la troisième rencontre entre représentants du Haut-Karabakh et de l’Azerbaïdjan, tenue le 29 septembre 2023 à Evlakh, dont l’état-major arménien n’a donné aucune information contrairement aux précédentes. Il souligne que cette réunion a eu lieu après le début de l’exode de la population arménienne le 25 septembre, la signature par Samvel Chahramanian du décret de dissolution de la République du Haut-Karabakh le 26 septembre, et estime que l’explosion du dépôt de carburant a définitivement annulé toute hypothèse d’intégration des Arméniens dans le cadre juridique et socio-économique azerbaïdjanais.
Dans une tribune publiée sur Armenie Info, l’analyste Vahram Atanesyan revient sur une troisième rencontre entre représentants du Haut-Karabakh et de l’Azerbaïdjan, tenue le 29 septembre 2023 à Evlakh, en Azerbaïdjan. Selon l’auteur, contrairement aux deux réunions précédentes, l’état-major de l’information de l’Artsakh, qui assurait alors les fonctions de service de presse du président Samvel Chahramanian, n’a communiqué aucune information sur cette rencontre.
L’auteur rappelle que, le même jour, l’agence Sputnik Arménie avait rapporté, en citant des médias azerbaïdjanais, qu’une nouvelle rencontre entre représentants de Bakou et du Haut-Karabakh se tenait à Evlakh, avec la médiation de la partie russe. Le média Hetq avait ensuite précisé, toujours en s’appuyant sur des sources azerbaïdjanaises, que les discussions avaient porté sur la réintégration des Arméniens du Haut-Karabakh, la reconstruction des infrastructures et l’organisation de leurs activités.
Vahram Atanesyan souligne que cette réunion d’Evlakh a été précédée de deux événements importants : le 26 septembre, Samvel Chahramanian a signé un décret annonçant la dissolution de la République du Haut-Karabakh à compter du 1er janvier 2024, information communiquée le 28 septembre par l’état-major de l’information de l’Artsakh. Le même jour, le conseiller et représentant spécial du président, David Babayan, a annoncé sur Facebook figurer sur une « liste noire » azerbaïdjanaise et avoir décidé de se présenter volontairement aux autorités azerbaïdjanaises afin, selon ses propos, de « ne pas nuire aux autres ».
L’auteur relève par ailleurs que l’« exode » de la population arménienne du Haut-Karabakh, documenté par de nombreuses photos et vidéos, avait déjà commencé le 25 septembre. Il s’interroge dès lors sur le sens de la tenue de la rencontre d’Evlakh dans un tel contexte, ainsi que sur les raisons pour lesquelles l’accord initial prévoyant son organisation à Stepanakert n’a pas été respecté.
Vahram Atanesyan rappelle également que, des mois avant la guerre éclair qualifiée de « terroriste », Ilham Aliyev avait déclaré que les « structures séparatistes devaient être dissoutes ». Il s’interroge sur la finalité réelle du décret du 26 septembre 2023 dissolvant la République du Haut-Karabakh : répondait-il à cette exigence préalable, ou visait-il à garantir la sécurité de la population arménienne ? Selon lui, à supposer même qu’une intégration de la population arménienne du Haut-Karabakh au cadre juridique et socio-économique azerbaïdjanais ait été théoriquement envisageable après la guerre, l’explosion du dépôt de carburant de l’armée de défense a, de fait, anéanti cette possibilité.
L’auteur conclut en soulignant que cette tragédie relève d’abord d’un drame humain, mais qu’elle soulève, comme souvent en pareil cas, la question de savoir à qui elle profitait. Il affirme qu’aucune réponse n’existe à ce jour à cette question, tout en s’interrogeant sur la possibilité qu’elle finisse par en recevoir une.
Source : Mer Oughin

