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**L’ancien député du Haut-Karabakh Vahram Atanessian estime que le dernier discours de Vladimir Poutine à Valdaï, s’il n’apporte rien de nouveau sur la guerre russo-ukrainienne, révèle une convergence préoccupante entre Moscou et Bakou sur le Caucase du Sud. Il appelle les forces politiques arméniennes à privilégier une analyse sobre et pragmatique plutôt que la confusion propagandiste actuelle.**

L’analyste politique et ancien député du Haut-Karabakh Vahram Atanessian s’est exprimé lors d’un entretien avec 1inTV sur le dernier discours du président russe Vladimir Poutine au forum de Valdaï et ses conséquences géopolitiques pour le Caucase du Sud. Selon lui, cette intervention n’a apporté aucune idée nouvelle et ne permet pas de présager de changements significatifs à venir dans la guerre russo-ukrainienne. Il y distingue néanmoins trois éléments importants concernant l’espace post-soviétique et l’Arménie : la nostalgie manifeste des dirigeants russes pour l’époque soviétique, la position de Moscou sur la situation autour de l’Iran, directement liée au Caucase du Sud, et l’attitude de la Russie envers l’Azerbaïdjan ainsi que son intérêt pour le corridor de transport nord-sud « Russie-Iran-Golfe Persique ».

Vahram Atanessian a particulièrement insisté sur les propos de Poutine concernant l’Azerbaïdjan. À ses yeux, les tensions périodiques entre Moscou et Bakou n’effacent pas l’importance stratégique de cette relation, et le fait que le président russe s’exprime positivement sur l’Azerbaïdjan sans que Bakou n’y réagisse négativement montre que les approches des deux pays sur le rôle géopolitique du Caucase du Sud convergent au moins sur certains points. Selon lui, cela constitue un défi sérieux pour l’Arménie, dans la mesure où la paix avec l’Azerbaïdjan n’est pas encore pleinement institutionnalisée et où le processus de délimitation des frontières se poursuit. Il a également relevé que le processus arméno-azerbaïdjanais issu du sommet de Washington du 8 août 2025 ne correspond manifestement pas aux intérêts géopolitiques russes.

L’analyste a par ailleurs noté que Bakou continue de parler de paix tout en se réarmant, et qu’il convient de replacer les récents incidents frontaliers dans ce contexte géopolitique régional plus large. Il a évoqué les tensions apparues entre l’Azerbaïdjan et l’Iran, ainsi que les difficultés avec la Géorgie, illustrées selon lui par des différends liés au patrimoine historique et culturel, citant les actions de l’Azerbaïdjan autour de Gandzasar et Dadivank ainsi que des publications du diocèse de Bakou de l’Église orthodoxe russe. Il a également mentionné les discussions en cours sur le rétablissement d’une liaison ferroviaire reliant la Russie à l’Arménie via l’Abkhazie et la Géorgie, estimant qu’un tel projet pourrait poser de sérieux problèmes à la Géorgie et à l’Abkhazie, la question du contrôle souverain étant directement liée à la mise en service de cette ligne.

Concernant la présence d’un militaire azerbaïdjanais sur le territoire arménien, Vahram Atanessian a affirmé qu’il n’était pas possible d’évaluer cet incident de façon univoque comme relevant d’un sabotage, d’une erreur d’orientation ou d’une désertion, jugeant nécessaire un examen approfondi puisque les informations contradictoires à ce sujet n’en réduisent pas la dangerosité potentielle. Il n’a pas exclu que cette situation puisse être exploitée ultérieurement à des fins informationnelles ou politiques, précisant que si ce militaire venait à subir des violences ou d’autres actes sur le sol arménien, cela pourrait servir à aggraver davantage les relations arméno-azerbaïdjanaises. Il a jugé important de déterminer si les récentes déclarations dures du président azerbaïdjanais visant d’anciens dirigeants arméniens et les autorités actuelles sont liées à une tentative de retarder le processus du traité de paix ou d’en réviser les fondements juridiques.

Selon Vahram Atanessian, la confusion informationnelle et propagandiste actuelle en Arménie doit être remplacée par une analyse sobre et pragmatique. Il a estimé que les forces politiques arméniennes devraient éviter tout discours susceptible de nourrir une hausse des tensions internes, et a jugé opportun que des représentants des blocs au pouvoir et de l’opposition engagent une discussion concrète afin d’évaluer la situation créée et d’envisager les développements possibles. Il a enfin évoqué la coopération militaire entre la Russie, l’Azerbaïdjan et la Turquie, indiquant que Moscou cherche à faire en sorte que l’orientation géopolitique de l’Azerbaïdjan ne contredise pas ses propres intérêts.

Source : Mer Oughin