Le sommet de l’Union économique eurasiatique (UEE), prévu le 28 mai, ne devrait adopter aucune sanction contre l’Arménie. C’est ce qu’a affirmé le vice-Premier ministre russe Alexeï Overchuk, cité par TASS.
Selon lui, il « n’est pas question de modifier le traité » de l’UEE, une telle décision nécessitant un consensus entre les États membres. Une déclaration qui semble toutefois occulter une réalité juridique importante : le traité de l’UEE prévoit clairement que chaque État membre peut décider souverainement de quitter l’organisation, en notifiant sa décision par voie diplomatique.
Même après cette notification, le pays concerné conserve son statut de membre pendant douze mois, afin de régler les questions financières et administratives liées à son départ.
Cette prudence du Kremlin semble refléter un retour au pragmatisme, probablement influencé par la position ferme du ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, qui a rappelé qu’aucune base juridique ne permet d’exclure un État membre de l’UEE.
Selon plusieurs sources russes, la question des ambitions européennes de l’Arménie sera néanmoins évoquée lors des discussions entre Vladimir Poutine et Kassym-Jomart Tokaïev, ainsi qu’au cours des réunions restreintes des dirigeants de l’UEE.
Mais le contexte régional complique la position de Moscou. Le Kazakhstan et le Kirghizistan ont récemment renforcé leurs relations avec l’Union européenne, tandis que les pays d’Asie centrale développent également leur coopération avec les États-Unis.
Dans ce cadre, imposer des sanctions contre l’Arménie créerait un précédent potentiellement dangereux pour les autres membres de l’UEE, dont les orientations économiques et diplomatiques deviennent de plus en plus diversifiées.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a lui-même reconnu que le sujet des aspirations européennes de l’Arménie rendrait le sommet « compliqué ».
Plus largement, la rhétorique particulièrement agressive adoptée récemment par Moscou pourrait produire l’effet inverse de celui recherché : alimenter des « sentiments centrifuges » au sein même de l’UEE et accélérer l’éloignement progressif de plusieurs États membres vis-à-vis de la Russie.
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