EREVAN – Une enquête publiée par Reuters le 29 mai affirme que la Russie mènerait des opérations d’influence visant à empêcher la réélection du Premier ministre arménien Nikol Pachinian lors des élections législatives prévues le 7 juin.
Signé notamment par la journaliste Lucy Papachristou, l’article s’appuie sur des témoignages de responsables occidentaux du renseignement ainsi que sur plusieurs documents consultés par l’agence de presse.
Selon Reuters, les actions attribuées à Moscou comprendraient des campagnes de désinformation destinées à affaiblir le gouvernement arménien, un soutien présumé à l’homme d’affaires Samvel Karapetyan, ainsi qu’un projet visant à faciliter le déplacement de jusqu’à 100 000 Arméniens résidant en Russie afin d’influencer le résultat du scrutin.
Toujours selon l’agence britannique, le coût d’une telle opération aurait été estimé à environ 50 millions de dollars. Reuters souligne toutefois à plusieurs reprises qu’elle n’a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante plusieurs éléments centraux de ces accusations.
L’enquête intervient dans un contexte de relations tendues entre Erevan et Moscou, alors que le gouvernement de Nikol Pachinian poursuit depuis plusieurs années une politique de rapprochement avec les États-Unis et l’Union européenne.
Le ministère russe des Affaires étrangères a rejeté ces accusations, qualifiant les allégations d’ingérence dans les affaires intérieures arméniennes de « spy mania » (« obsession de l’espionnage »).
Aucune preuve publique n’a, à ce stade, été présentée pour confirmer l’ensemble des affirmations rapportées par Reuters. L’agence précise que plusieurs informations proviennent de sources de renseignement occidentales et de documents dont l’authenticité n’a pas pu être totalement établie de manière indépendante.
Les élections législatives arméniennes du 7 juin sont suivies avec attention tant à Moscou qu’au sein des capitales occidentales, en raison de leur importance pour l’orientation géopolitique future de l’Arménie.

