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21 août 1944

Le 21 août 1944, à Marseille, Sarkis Bedikian tombe au combat alors qu’il lance l’assaut sur la préfecture des Bouches-du-Rhône. Résistant FTP-MOI arménien, il meurt pour la France en pleine bataille de Marseille, quelques heures seulement après avoir été photographié par Julia Pirotte aux côtés de son camarade grec Vassilias Stamboulis.

Né vers 1908 à Zeïtoun, dans l’Empire ottoman, Sarkis Bedikian, parfois appelé Sarkis Bedoukian, quitte sa terre natale après le génocide arménien. Comme de nombreux réfugiés de cette génération, il gagne la France par voie maritime depuis le Proche-Orient, Marseille constituant alors une destination privilégiée pour la diaspora arménienne. Il s’installe dans la traverse Chevalier, dans le 10e arrondissement de la cité phocéenne, où il mène sa vie avant que la guerre ne vienne bouleverser son destin.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate et que la France passe sous occupation, Sarkis Bedikian rejoint les rangs des FTP-MOI, la Main-d’Œuvre Immigrée des Francs-Tireurs et Partisans. Il s’engage plus particulièrement au sein de la « Compagnie Marat », un détachement actif dans les Bouches-du-Rhône et qui rassemble de nombreux combattants arméniens, tous animés par le même désir de lutter contre l’occupant nazi aux côtés des Français.

Le 15 août 1944, le débarquement des forces alliées en Provence marque un tournant décisif. Les FTP-MOI des Bouches-du-Rhône se soulèvent alors militairement, aux côtés des autres forces françaises de l’intérieur, avec pour objectif de s’emparer des places fortes, de semer le chaos dans les lignes défensives allemandes et de faciliter ainsi le débarquement allié. C’est dans ce contexte de bataille que Sarkis Bedikian trouve la mort le 21 août 1944, en menant l’assaut sur la préfecture des Bouches-du-Rhône, quelques heures à peine après avoir posé pour la photographe Julia Pirotte.

Reconnu mort pour la France, Sarkis Bedikian voit son sacrifice honoré par ses camarades : son détachement prend alors le nom de « détachement Sarkis » en sa mémoire.