24 août 1990
Le 24 août 1990, l’Arménie adopte le drapeau qui deviendra, en 2006, son emblème officiellement confirmé par le parlement. Composé de trois bandes horizontales de taille égale, il affiche le rouge en haut, le bleu au centre et le jaune-orangé, aussi appelé « couleur abricot », en bas. Ce tricolore, surnommé Երագույն, porte en lui une charge symbolique forte, régulièrement rappelée dans la culture arménienne.
Selon l’interprétation la plus répandue, le rouge évoque le sang versé par les Arméniens pour défendre leur pays, le bleu représente le ciel, et le jaune-orangé symbolise le sol fertile ainsi que les cultivateurs qui le travaillent. La loi de 2006 relative au drapeau en donne toutefois une lecture officielle plus précise : le rouge renvoie au haut-plateau arménien et à la lutte continuelle du peuple pour sa survie, le maintien de sa foi chrétienne, son indépendance et sa liberté ; le bleu exprime la volonté de vivre sous des cieux paisibles ; le jaune-orangé traduit le génie créateur et la nature laborieuse du peuple arménien.
Ce drapeau, aux proportions de 1:2, ne surgit pas du néant. Il s’inscrit dans une longue histoire d’étendards arméniens, depuis les bannières antiques ornées de dragons, d’aigles ou de lions, jusqu’aux drapeaux dynastiques comme celui des Artaxiades, pourpre et frappé de deux aigles affrontés. L’idée d’un drapeau national réapparaît au XIXe siècle grâce à des étudiants arméniens de Paris, qui commandent au père Léonce Alishan une première version tricolore, avant qu’une variante verticale rouge-vert-bleu ne circule également parmi les nationalistes.
C’est en 1918, lors de l’indépendance de la République démocratique d’Arménie, qu’apparaît un drapeau presque identique à l’actuel : les couleurs rouge, bleu et jaune sont reprises de la fin du règne de la dynastie roupénide, le jaune cédant vite la place à l’orange pour mieux s’harmoniser avec les deux autres teintes. Seules les proportions, alors de 2:3, distinguent ce drapeau de celui adopté en 1990.

