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**Dans un entretien à 1inTV, la députée du parti au pouvoir Tsovinar Vardanyan a défendu la stratégie de réorientation économique et diplomatique de l’Arménie, présentée comme un moyen de réduire la dépendance envers la Russie et de renforcer la souveraineté du pays. Elle a notamment évoqué la gestion du chemin de fer, la dette publique jugée « maîtrisable », les restrictions russes sur les produits arméniens et le droit de l’Arménie à déposer une candidature d’adhésion à l’UE.**

Dans un entretien accordé à 1inTV, la députée du groupe parlementaire du Contrat civil (ԱԺ ՔՊ) Tsovinar Vardanyan a évoqué le processus de réorientation économique et de politique étrangère de l’Arménie, dont l’enjeu central est, selon elle, le renforcement de la souveraineté par la réduction de la dépendance envers la Russie. Selon elle, l’Arménie ne sert plus d’objet d’intérêts étrangers mais cherche à établir des normes européennes et de nouveaux partenariats.

Concernant le programme «TRIPP», Mme Vardanyan a affirmé ne disposer d’aucune information confirmée sur une éventuelle cession à le Kazakhstan ou au Kirghizstan d’une part revenant à l’Arménie. Elle a précisé qu’une question à ce sujet avait été posée au Premier ministre, mais qu’aucune information de ce type n’avait été confirmée, jugeant donc cette hypothèse hautement douteuse en l’état. Sur la gestion en concession du chemin de fer sud-caucasien, elle a estimé que la question devait être envisagée dans le contexte du désenclavement de l’Arménie et de la mise en conformité de cette infrastructure avec les normes internationales : si l’opérateur actuel ne peut garantir les standards nécessaires et le bon fonctionnement des itinéraires de transit, d’autres options de gestion devraient être examinées, après une évaluation préalable de l’infrastructure existante, des investissements réalisés et des résultats potentiels d’un changement de gestion.

Sur la croissance économique, la députée a jugé que l’objectif gouvernemental de 6% ne devait pas faire l’objet de spéculations, estimant que le potentiel de croissance dépend du potentiel économique et du niveau de saturation, potentiel qui pourrait s’accroître avec le désenclavement et la mise en service de nouvelles infrastructures, permettant à terme une croissance plus élevée. Concernant les réformes de l’administration publique, elle a indiqué qu’une modification des salaires et primes des fonctionnaires était prévue selon une logique de rémunération basée sur les résultats, avec l’introduction d’indicateurs de performance (KPI) liant plus directement la rémunération à l’efficacité du travail. Sur les nominations et changements de responsables, elle a souligné que seul le Premier ministre pouvait évaluer les raisons de décisions précises, elle-même ne pouvant qu’émettre des suppositions.

Répondant aux critiques de l’opposition sur la dette publique, Mme Vardanyan a opposé une évaluation globale des indicateurs économiques, estimant qu’il ne suffit pas de présenter la seule croissance nominale de la dette mais qu’il faut tenir compte de son rapport au PIB, des capacités de remboursement et de la solvabilité du pays. Selon elle, le ratio dette/PIB de l’Arménie est inférieur à 50% et se situe, selon son évaluation, à un niveau maîtrisable ; les emprunts contractés par l’État sont généralement prévus à l’avance dans le budget et répondent à des objectifs précis – infrastructures, réformes sectorielles et autres programmes – et ne devraient donc pas être présentés comme des dépenses imprévues ou incompréhensibles.

Sur les changements structurels au sein du gouvernement, la députée a estimé que la question de l’existence d’un ministère de l’Agriculture distinct devait être envisagée sous l’angle de l’efficacité de la gestion, un secteur important ne nécessitant pas nécessairement un ministère dédié selon elle. Elle a jugé que l’approche envers l’agriculture devait également évoluer, passant de la résolution de problèmes sociaux vers le développement d’une production réelle, de l’arboriculture intensive et des exploitations agricoles. Concernant les restrictions russes sur les produits arméniens, elle a estimé que la question était aussi liée à la souveraineté : si un produit ne répond pas aux normes requises, l’Arménie ne devrait plus fermer les yeux comme auparavant, même si les restrictions venaient à être levées par la suite, de telles approches ayant pu, selon elle, servir dans certains cas de levier de pression économique et politique.

Sur l’évolution des relations avec la Russie et les procédures judiciaires visant divers responsables, Mme Vardanyan a rappelé que l’Arménie avait connu une forte dépendance envers ce pays, un système servi par des acteurs précis, mais que des procédures judiciaires à leur encontre ne signifient pas en elles-mêmes des actions dirigées contre la Russie : s’il existe des fondements juridiques, le système judiciaire doit agir indépendamment de l’orientation de politique étrangère de la personne concernée. Elle a rappelé que le dépôt d’une candidature à l’adhésion à l’UE relève du droit de l’Arménie, tout en soulignant qu’un long travail de mise en conformité de la législation, des institutions publiques et des normes serait ensuite nécessaire. Selon elle, l’Arménie s’oriente aujourd’hui vers un système plus indépendant et diversifié, l’objectif n’étant pas de mener une politique dirigée contre un pays quelconque, mais de réduire les dépendances économiques, diplomatiques et de défense afin de renforcer la souveraineté et la sécurité de l’Arménie.

Source : Mer Oughin