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**Selon un représentant des autorités moldaves, les échanges commerciaux de la Transnistrie, région séparatiste de Moldavie où stationnent encore environ 1500 militaires russes, sont désormais liés à environ 80% à l’Union européenne, contre un niveau quasi nul il y a dix ans. Il a estimé que ce rapprochement économique et social pourrait jouer un rôle clé dans la réintégration future de ce territoire, dont le conflit gelé reste l’un des principaux obstacles au processus d’adhésion de la Moldavie à l’UE.**

Selon un représentant des autorités moldaves, la Transnistrie, région séparatiste de Moldavie, entretient des liens commerciaux de plus en plus étroits avec l’Union européenne : alors que ces échanges étaient quasiment nuls il y a une dizaine d’années, environ 80% du commerce extérieur de la région serait aujourd’hui lié à l’UE. Ce responsable estime que ce rapprochement économique et social pourrait jouer un rôle important dans une future réintégration de la région, les autorités moldaves cherchant selon lui à y parvenir par le biais d’une politique socio-économique.

Une vidéo de la série ‘EU Made Simple’ retrace le parcours de la Moldavie, passée du statut de république soviétique à celui de pays candidat à l’adhésion à l’UE, jusqu’à l’ouverture en juin 2026 d’un premier paquet de négociations d’adhésion. Si l’indépendance énergétique du pays est présentée comme une réussite majeure, le texte souligne que les véritables défis portent sur l’État de droit, la réforme judiciaire et la lutte contre la corruption. L’article établit un parallèle entre la Moldavie et l’Arménie, deux petites anciennes républiques soviétiques cherchant à s’éloigner de l’influence russe et à s’intégrer vers l’Occident tout en gérant leur dépendance énergétique, et confrontées toutes deux à des conflits gelés ou non résolus (la Transnistrie pour l’une, les conséquences du conflit du Karabakh pour l’autre), utilisés selon le texte comme leviers par les grandes puissances régionales.

La question transnistrienne demeure l’un des principaux obstacles au processus d’adhésion de la Moldavie à l’UE. Environ 1500 militaires russes restent stationnés dans la région, qui fonctionne de facto comme une entité politique distincte, dotée de son propre gouvernement, parlement, monnaie et drapeau, sans toutefois être reconnue par la communauté internationale comme un État indépendant. Les origines du conflit remontent à 1990, lorsque les autorités de Tiraspol proclamèrent leur propre république, sur fond de tensions linguistiques et identitaires et de craintes, au sein de la population russophone, d’un rapprochement de la Moldavie avec la Roumanie. Après la déclaration d’indépendance moldave de 1991, le conflit dégénéra en affrontements armés en 1992, faisant des centaines de morts, avant qu’un accord de cessez-le-feu signé en juillet de la même année ne le gèle de fait.

La population de la région transnistrienne est estimée à environ 350 000 habitants, répartis selon les données citées en trois groupes ethniques d’environ un tiers chacun : Moldaves, Ukrainiens et Russes, ces derniers ne représentant donc pas la majorité. Selon le représentant moldave, de nombreux habitants y résident surtout en raison de liens sociaux et familiaux, environ 25 000 personnes franchissant quotidiennement la ligne administrative, non fermée, pour aller travailler à Chișinău ou dans d’autres villes moldaves avant de rentrer le soir, une liaison par bus étant assurée régulièrement entre Chișinău et Tiraspol. Il relève également des écarts sociaux, les salaires et certaines pensions étant relativement plus élevés en Transnistrie, où plus de 70% de la population bénéficierait d’une assurance maladie, tandis que les prix du gaz naturel y sont restés longtemps très bas grâce aux livraisons russes.

Le secteur énergétique occupe une place particulière dans les relations entre la Moldavie et la Transnistrie : le gaz russe était fourni via un système lié à Gazprom et au Kremlin, sans que la Transnistrie ne le paie réellement, selon l’article. L’arrêt du transit du gaz via l’Ukraine en 2025 a provoqué une grave crise énergétique, privant des habitants de Transnistrie de chauffage et d’électricité, tandis que la Moldavie, qui dépendait jusqu’à fin 2024 de la centrale de Kuciurgan, située en Transnistrie, pour plus de la moitié de sa consommation électrique, a dû trouver rapidement des sources alternatives, notamment grâce à une liaison à haute tension avec la Roumanie.

Le représentant moldave indique que de nouvelles mesures ont déjà été prises pour renforcer la sécurité énergétique du pays, avec le projet de construire plusieurs nouvelles lignes à haute tension vers la Roumanie et l’achèvement, déjà en phase de test, de la ligne Chișinău–Vulcănești–Chișinău, censée réduire la dépendance moldave au système énergétique transnistrien. Dans le secteur gazier, la Moldavie avait également entamé une diversification, notamment via l’extension progressive depuis 2014 d’un gazoduc reliant le pays à la Roumanie, un processus accéléré après la réduction des livraisons russes à partir de 2021.

Source : Mer Oughin