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**Selon le récit de Vahram Atanesian, après la rencontre Pachinian-Aliev du 6 avril 2022 à Bruxelles, Nikol Pachinian a évoqué devant le Parlement arménien la possibilité d’abaisser les exigences sur le statut du Haut-Karabakh, une position rejetée dès le lendemain par l’Assemblée nationale de l’Artsakh, qui a qualifié cette position de « destructrice » et affirmé que le Karabakh ne ferait « jamais » partie de l’Azerbaïdjan indépendant. Ces tensions ont précédé de quelques mois le début du blocus de l’Artsakh, instauré le 2 décembre 2022.**

Selon le journaliste Vahram Atanessian, auteur de cette chronique en plusieurs parties, une rencontre entre Nikol Pachinian et Ilham Aliev s’est tenue à Bruxelles le 6 avril 2022 sous la médiation du président du Conseil européen Charles Michel. D’après des sources ouvertes citées par l’auteur, les parties se seraient entendues pour former avant la fin du mois des commissions de délimitation des frontières, tandis que les ministres des Affaires étrangères auraient été chargés de préparer des négociations sur un traité de paix.

Deux jours plus tard, le 8 avril, le Conseil de sécurité du Haut-Karabakh s’est réuni à Stepanakert en présence des chefs de groupes parlementaires et des dirigeants des forces politiques représentées à l’Assemblée nationale. Selon le communiqué officiel cité par l’auteur, les négociations de Bruxelles n’y ont pas été abordées : la réunion a porté sur la situation à la ligne de contact, avec une insistance sur l’engagement du contingent de maintien de la paix russe envers la sécurité de la population d’Artsakh.

Le 13 avril, une semaine après les discussions de Bruxelles, Nikol Pachinian a déclaré devant l’Assemblée nationale d’Arménie que des partenaires internationaux conseillaient d’abaisser quelque peu le niveau d’exigence sur la question du statut du Haut-Karabakh. Selon lui, cela ouvrirait une possibilité de consolidation internationale sur ce dossier et permettrait d’aborder dans de meilleures conditions la question de la sécurité et des droits de la population arménienne du Haut-Karabakh.

Le lendemain, 14 avril, l’Assemblée nationale de l’Artsakh, réunie en session extraordinaire à l’initiative des groupes parlementaires et sur décision de son président Arthur Tovmasian, a adopté à l’unanimité des cinq groupes une déclaration qualifiant la position des autorités arméniennes de « destructrice » et affirmant que « l’Artsakh ne fera jamais partie de l’Azerbaïdjan indépendant ». À l’issue de la séance, les chefs de groupes ont réaffirmé en conférence de presse qu’aucune concession n’était acceptable sur les questions de statut et d’intégration à l’Azerbaïdjan.

Le 29 avril, le président de l’Artsakh Araïk Haroutiounian a rencontré le Premier ministre Pachinian à Erevan ; selon le communiqué du service de presse de la présidence artsakhiote, Haroutiounian a exigé que toute initiative relative au statut de l’Artsakh soit préalablement concertée avec ses autorités et sa population.

L’auteur rappelle enfin que le 1er septembre 2022, le milliardaire et philanthrope russe Rouben Vardanian a annoncé renoncer à sa citoyenneté russe et s’installer en Artsakh ; nommé ministre d’État le 4 novembre en remplacement d’Artak Beglarian, il a indiqué le 7 novembre, sur Facebook, que Beglarian ainsi que les anciens ministres Mesrop Arakelian et Narine Aghabalian devenaient ses conseillers. Le blocus de l’Artsakh a débuté le 2 décembre 2022.

Source : Mer Oughin