Dans une tribune publiée par Zarkerak.am, le journaliste Mkrtitch Israelyan critique les propos de l’homme d’affaires Samvel Karapetian, qui a déclaré disposer d’un « plan secret » et d’échéances non dévoilées pour écarter le Premier ministre Nikol Pachinian. L’auteur, qui rappelle que Karapetian possède trois passeports, estime qu’un prétendant au pouvoir doit présenter clairement un programme politique plutôt que des annonces mystérieuses, et juge que la question du pouvoir a déjà été tranchée de façon transparente par la société le 7 juin.
Dans une tribune publiée sur Zarkerak.am, le journaliste Mkrtitch Israelyan revient sur une déclaration de Samvel Karapetyan, selon laquelle celui-ci disposerait d’un « plan secret » pour écarter Nikol Pachinian, assorti d’échéances qu’il dit ne pas vouloir dévoiler pour l’instant. L’auteur rappelle que Samvel Karapetyan s’imaginait déjà Premier ministre avant les élections, au point de convoquer par anticipation des réunions de gouvernement, avant de subir une défaite.
L’auteur s’interroge sur la nature de cette annonce : s’agit-il d’une véritable démarche politique ou du signe d’un homme qui ne se serait pas résigné à l’échec de ses ambitions personnelles ? Il relève que Samvel Karapetyan ne présente ni programme politique, ni propositions concrètes à la société, ni mécanisme constitutionnel pour accéder au pouvoir, mais se contente d’évoquer un plan secret et des délais non précisés.
Selon l’auteur, si une véritable lutte politique et constitutionnelle est engagée, ses instruments ne devraient pas être tenus secrets : les forces politiques doivent normalement présenter leur programme, convaincre les citoyens et atteindre leurs objectifs par les voies légales. Il estime que présenter un « plan secret » comme voie de salut politique, sans en révéler le contenu, revient à demander à la population une confiance aveugle plutôt qu’un soutien éclairé.
L’auteur souligne que ces interrogations sont d’autant plus importantes que Samvel Karapetyan est un grand homme d’affaires, dont les ambitions politiques ont toujours été associées à des discussions sur ses ressources personnelles. Il affirme que même les moyens financiers les plus importants ne peuvent remplacer la confiance publique ni conférer, à eux seuls, une légitimité politique.
L’auteur pointe également le fait que Samvel Karapetyan possède trois passeports de pays différents, ce qui, selon lui, soulève nécessairement des questions sur ses liens, ses intérêts et sa responsabilité envers l’Arménie. Il estime que la détention de plusieurs nationalités ne prouve rien en soi, mais que quiconque aspire à diriger le pays doit clarifier l’étendue de sa responsabilité politique, d’éventuels conflits d’intérêts et sa vision de l’avenir du pays, ce que Samvel Karapetyan n’a toujours pas fait.
En conclusion, l’auteur affirme que l’Arménie ne saurait être gouvernée sur la base de délais secrets et de projets non dévoilés, et que la société a le droit de savoir ce que propose une force aspirant au pouvoir. Il rappelle que la question du pouvoir en Arménie ne se règle pas parce qu’un acteur estime que son heure est venue, mais par la décision des citoyens, rendue selon lui de manière ouverte et transparente lors du scrutin du 7 juin.
Source : Mer Oughin

