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**Le député du parti au pouvoir Arman Eghoyan estime que la paix réelle avec l’Azerbaïdjan constituera un pilier essentiel de la pérennité de l’État arménien. Il juge que la coopération régionale offre à l’Arménie des opportunités historiques que le pays ne doit pas manquer, tout en soulignant que la révision éventuelle de la Constitution devra dépendre de la position de la société, exprimée via un référendum.**

Le député du groupe parlementaire au pouvoir Arman Yeghoyan a accordé un entretien à Freenews Armenia, dans lequel il revient sur plusieurs enjeux clés pour l’Arménie, notamment la signature attendue d’un accord de paix avec l’Azerbaïdjan, la crise religieuse récente et la relation entre histoire et avenir du pays.

Concernant l’incident survenu à la frontière près de Shaki, Arman Yeghoyan a estimé qu’il fallait distinguer l’action d’un individu de celle d’un État. Selon lui, aucun pays au monde ne peut garantir une inviolabilité totale de ses frontières, et la vraie question est de savoir si les autorités réagissent efficacement à ce type d’incidents. Il a jugé qu’il n’existait pas de désaccord de principe sur ce sujet, mais que le point de friction concernait l’instrumentalisation politique de l’affaire. Il a ajouté que, si un militaire a déserté et franchi seul la frontière, cela relève avant tout d’un acte individuel, pouvant éventuellement révéler des problèmes au sein de son unité, mais que rien ne permet à ce stade d’affirmer que l’État azerbaïdjanais serait à l’origine de cet acte. Si l’enquête démontrait une implication étatique, a-t-il précisé, la situation devrait alors être examinée dans le cadre des relations interétatiques, la qualification juridique et la question de la peine devant être tranchées à l’issue de la procédure.

Sur le processus de paix arméno-azerbaïdjanais, Arman Yeghoyan a indiqué ne pas pouvoir avancer de calendrier précis pour la signature et la ratification de l’accord, estimant que beaucoup dépendra de la rapidité avec laquelle la société arménienne prendra conscience de l’opportunité historique actuelle. Selon lui, tous les pays de la région pourraient bénéficier d’une coopération régionale, alors que les possibilités pour l’Arménie de tirer profit d’un maintien du conflit restent limitées. Il a évoqué la possibilité qu’une part importante du commerce mondial transite par la région, avec des bénéfices répartis entre les participants, et a appelé à ne pas laisser passer cette occasion historique. Concernant la précondition azerbaïdjanaise relative à une modification de la Constitution arménienne, il a jugé que la position de la société serait déterminante, précisant que même avec une majorité constitutionnelle, la question devrait être soumise à référendum, et que le pouvoir actuel ne dispose pas des moyens nécessaires pour l’instant.

Interrogé sur la formule du Premier ministre selon laquelle l’histoire ne serait pas seulement ce qui s’est produit dans le passé mais aussi ce qui doit advenir dans l’avenir, Arman Yeghoyan y a vu une idée à la fois philosophique et pratique : le monde actuel résulterait des décisions des générations précédentes, et les sociétés d’aujourd’hui façonneraient à leur tour l’histoire des générations futures. Il a estimé que l’histoire n’est pas qu’un ensemble d’événements, mais aussi la manière dont les nations choisissent d’interpréter certains épisodes selon les défis de leur époque, citant en exemple la mise en avant, aux XVIIIe-XIXe siècles, des figures de Tigrane le Grand ou d’Artaxias pour soutenir la restauration de l’État arménien et le renforcement de la conscience nationale.

Source : Mer Oughin