Deux ensembles culturels de l’Artsakh ont vu leur participation à un festival international prévu en novembre à Vienne annulée. Selon les organisateurs, cités par une ONG arménienne, plusieurs ambassades seraient intervenues pour empêcher leur venue, les accusant d’activités « séparatistes ».
Le Centre pour la préservation de la culture de l’Artsakh a dénoncé, ce vendredi 23 octobre, l’annulation des invitations adressées à l’Orchestre national d’instruments traditionnels de l’Artsakh et à l’ensemble de chants et de danses « Nous sommes nos montagnes ».
Les deux formations préparaient leur participation depuis près de trois mois lorsqu’elles ont été informées, le 21 octobre, de leur exclusion du festival.
Selon l’ONG, Zoran Strezovski, président de la World Festival Association (WOFA), aurait expliqué dans une correspondance écrite que plusieurs ambassades étaient intervenues auprès des organisateurs. Les artistes auraient notamment été présentés comme « dangereux » et accusés d’activités « séparatistes ».
Une accusation que l’organisation arménienne rejette catégoriquement.
Depuis l’exode forcé des Arméniens de l’Artsakh en 2023, ces ensembles poursuivent leur activité en exil afin de préserver et transmettre un patrimoine culturel menacé de disparition.
Pour l’ONG, empêcher ces artistes de se produire à l’étranger pour des motifs politiques constitue une atteinte potentielle à leurs droits culturels et soulève une question fondamentale : la préservation de l’identité et du patrimoine arméniens de l’Artsakh peut-elle être assimilée à du séparatisme ?
Le Centre a saisi le ministère arménien des Affaires étrangères ainsi que plusieurs organisations internationales de défense des droits humains. Il réclame également l’identité des ambassades impliquées et les preuves justifiant les accusations.
À ce stade, aucune ambassade n’a été publiquement identifiée et les circonstances précises de ces interventions restent à établir.
Au-delà de cette annulation, cette affaire pose la question de la liberté d’expression culturelle des Arméniens de l’Artsakh, déjà privés de leur terre natale et désormais confrontés à des obstacles pour faire vivre leur patrimoine sur la scène internationale.
Source : Centre pour la préservation de la culture de l’Artsakh, communiqué du 23 octobre 2026.
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