29 octobre 1949
Le 29 octobre 1949 mourait à Paris Georges Ivanovitch Gurdjieff, mystique, philosophe, maître spirituel et compositeur, figure influente de la première moitié du XXe siècle. Il était né à Alexandropol, aujourd’hui Gyumri, en Arménie, alors dans l’Empire russe. Sa date de naissance reste incertaine : les sources avancent le 13 janvier 1866 ou 1872, ou le 27 décembre 1877.
Il était l’aîné de trois enfants, d’un père grec et d’une mère arménienne. D’abord aisée, la famille fut ruinée durant sa petite enfance, et son père quitta Alexandropol pour travailler comme menuisier à Kars. C’est dans cette région alors russe que Gurdjieff grandit, à l’école grecque puis au collège russe. Sa famille le voyait prêtre orthodoxe, et il entra au séminaire. Son père, qui était barde, lui contait les légendes anciennes, dont celle de Gilgamesh, et lui transmit des notions de spiritualité qui se retrouveront dans son enseignement.
Mais le jeune homme se tourna vers la science, la technologie, puis l’occultisme. À la fin de son adolescence, il commença à voyager en Asie centrale, dans le bassin méditerranéen, en Égypte, au Tibet et en Inde. Il cherchait l’école ésotérique Sarmouni, qu’il disait avoir découverte dans un ancien livre arménien. Il racontait aussi avoir subvenu à ses besoins par la vente de tapis ou par des entreprises plus fantaisistes, comme la vente de moineaux colorés présentés en « canaris américains ».
Ce récit vient surtout de son livre « Rencontres avec des hommes remarquables ». Cette partie de sa vie est mal connue et sujette à caution, et l’on sait seulement de façon certaine qu’il s’installe à Moscou en 1912.
Son enseignement repose sur l’idée que la plupart des hommes vivent dans un « sommeil éveillé », sans conscience unifiée de l’esprit, des émotions et du corps. Il proposa une méthode, appelée « le Travail » ou « la méthode », qui unit les techniques du fakir, du moine et du yogi : la Quatrième voie. L’ennéagramme y tient une place centrale.
Né en terre arménienne d’une mère arménienne, Gurdjieff reste ainsi l’une des figures originaires d’Alexandropol dont la pensée a rayonné bien au-delà du Caucase.

