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Le président de l’Assemblée nationale, Ruben Roubinian, a déclaré à l’ouverture du troisième Sommet mondial arménien, à Erevan, vouloir voir les Arméniens de la diaspora contribuer au développement de l’Arménie, y compris par le retour au pays.

Cérémonie d'ouverture du 3e Sommet mondial arménien à Erevan
Cérémonie d’ouverture du 3ᵉ Sommet mondial arménien à Erevan.

Le troisième Sommet mondial arménien a débuté le 5 novembre à Erevan. L’événement est organisé par l’Office du haut-commissaire aux affaires de la diaspora de la République d’Arménie. Environ 800 participants venus de 55 pays y prennent part : représentants de communautés et d’organisations arméniennes, scientifiques, hommes et femmes d’affaires, acteurs de la culture, de l’éducation et de la vie publique.

M. Roubinian a estimé que cette présence montre que le dialogue sur l’avenir de l’Arménie, et sur l’avenir commun, a un grand potentiel. Selon lui, les deux premiers sommets ont constitué une plateforme importante de dialogue entre l’Arménie et la diaspora ; la tâche est désormais de renforcer les liens existants et de donner un nouveau contenu à la coopération.

Il a affirmé qu’on ne peut aujourd’hui parler des relations entre l’Arménie et la diaspora sans évoquer l’idéologie, ou le concept, de l’« Arménie réelle ». « L’Arménie réelle, c’est notre État, avec son territoire et ses frontières reconnus internationalement, ses citoyens, ses institutions, son système démocratique et son aspiration au développement. C’est notre patrie, où nous vivons, travaillons, créons, prenons des décisions et assumons la responsabilité de l’avenir des générations suivantes. » Porter ce concept ne signifie pas, a-t-il ajouté, renoncer à l’histoire, à l’identité nationale, à la culture ou aux liens avec les Arméniens du monde entier, mais faire de cet héritage un appui pour un État solide et un développement moderne, et de l’État le point de convergence de tous les rêves et objectifs nationaux.

Rappelant les millénaires d’histoire de l’Arménie et la contribution du peuple arménien à la civilisation mondiale, ainsi qu’une diaspora qui a préservé son identité et réussi dans la science, les technologies, les affaires, la culture et la vie publique, il a déclaré : « C’est notre richesse. Mais notre tâche est de la transformer en avenir et de l’orienter vers l’Arménie, au sens politique, économique et, oui, aussi physique du terme. » Selon lui, l’avenir se construit par un État fort, sûr, démocratique et en développement, où la paix n’est pas une pause temporaire dans un conflit mais une possibilité de développement, et où la primauté du droit, les droits de l’homme et les institutions démocratiques sont une réalité quotidienne.

M. Roubinian a précisé ne pas vouloir limiter les relations Arménie-diaspora aux sentiments patriotiques, à la mémoire historique ou à la bienfaisance. « Ces éléments sont importants, mais notre coopération peut et doit être beaucoup plus large. Nous voulons voir l’apport de spécialistes, de scientifiques, d’entrepreneurs et de jeunes de la diaspora au développement de l’économie, de la science, de l’éducation et du sport, de la santé, des technologies et de la culture. Et si cet apport prend la forme d’un retour au pays, nous, Arméniens d’Arménie, en serons extrêmement heureux, comme le sont un frère et une sœur qui se retrouvent. » Il a ajouté que l’Arménie a besoin non seulement d’investissements, mais aussi de savoir, d’expérience, d’innovation, de liens professionnels et de projets communs, et qu’elle doit devenir une plateforme de coopération internationale.

Il a indiqué que les thèmes à l’ordre du jour du sommet, de la démocratie et de la paix régionale à l’économie, l’éducation, la santé, l’intelligence artificielle et l’environnement, reflètent cette ambition. Il a aussi cité la COP17, tenue ces derniers jours dans le même lieu, qui a selon lui montré que l’Arménie peut accueillir des événements d’envergure mondiale et contribuer à façonner l’agenda global. Il faut, a-t-il dit, savoir combiner le potentiel de l’Arménie avec l’expérience et les liens internationaux de la diaspora.

Le président de l’Assemblée nationale a également souligné que la diaspora n’est ni une structure unifiée ni homogène : elle a des histoires, des environnements, des priorités et des approches différents. Il s’agit de s’écouter, de respecter les différences et de trouver des points communs de coopération, sur la base du respect mutuel, de la confiance et d’une action réelle.

Estimant que le sommet ne doit pas se limiter à de bonnes discussions et à de belles formules, il a souhaité qu’il devienne une plateforme de lancement pour des idées concrètes, des initiatives et de nouveaux programmes de coopération, et que les liens et accords noués ces jours-ci se poursuivent après la fin du sommet et se traduisent en résultats. Il a rappelé que le poète Hovhannès Toumanian s’adressait à la diaspora il y a un siècle (en 1921), l’appelant à écouter la voix de la patrie et à contribuer à la construction d’une patrie libre et prospère. « Aujourd’hui, cet appel prend un nouveau contenu », a-t-il dit.

Il a conclu en se disant convaincu que le sommet contribuera à cet objectif, en souhaitant des discussions fructueuses et une coopération réussie, et en lançant : « Vive la République de l’Arménie réelle ! »

Source : 1lurer.am