hebdo-histoire-2026-08-04
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4 août 2018

Le 4 août 2018 s’éteignait à Villejuif Arsène Tchakarian, dernier survivant du groupe Manouchian et figure majeure de la résistance française d’origine arménienne. Né le 21 décembre 1916 à Sapanca, dans l’Empire ottoman, il avait fui enfant, avec sa famille, les conséquences de la Première Guerre mondiale et du génocide arménien, passant par la Bulgarie avant d’obtenir en 1928 le passeport Nansen réservé aux réfugiés apatrides. Sa famille s’installe à Marseille à la fin de 1930 ; son père devient mineur à Decazeville tandis qu’Arsène rejoint Paris pour exercer le métier de tailleur.

Dès 1936, il participe aux manifestations du Front populaire et adhère à la CGT puis au Parti communiste français. C’est à cette époque qu’il rencontre pour la première fois Missak Manouchian, poète arménien et militant communiste. Appelé au service militaire en 1937 malgré l’absence de nationalité française, il combat dans les Ardennes et la Meuse en 1939-1940 avant d’être démobilisé après la défaite française.

Dès novembre 1940, il retrouve Manouchian à Paris pour distribuer des tracts antinazis. En 1943, avec Manouchian et leurs camarades, ils forment le « groupe Manouchian » au sein des FTP-MOI. Le 17 mars 1943, Tchakarian, Manouchian et Marcel Rajman attaquent une formation de feldgendarmes à Levallois-Perret. Nommé chef de la première section des « triangles commandos », il exécute une seconde attaque le 1er juin 1943. Sous le nom de code « Charles », il participe à des sabotages et à l’assassinat, le 28 septembre 1943, du colonel SS Julius Ritter, responsable du Service du travail obligatoire.

Il échappe à l’arrestation qui frappe Manouchian et les vingt-deux autres membres du groupe, grâce à un rendez-vous raté avec Olga Bancic, seule femme du groupe, guillotinée en Allemagne. Caché à Paris avec l’aide de la police résistante, il est ensuite exfiltré vers Bordeaux en mai 1944 pour préparer le bombardement du camp d’aviation de Mérignac, puis rejoint le maquis de Lorris début août.

Après la guerre, il redevient tailleur puis se consacre à l’histoire, publiant des ouvrages sur son parcours de résistant.