Ce qui arrive aujourd’hui aux Nouvelles d’Arménie est profondément regrettable.
Ce média a longtemps occupé une place importante dans l’écosystème intellectuel franco-arménien. Il pouvait constituer un espace de débat, d’analyse et de réflexion pour la diaspora arménienne de France.
Mais au fil des années, sa ligne éditoriale s’est progressivement transformée en militantisme politique quasi partisan.
Le média donne désormais de plus en plus l’impression d’être devenu le relais médiatique d’une opposition arménienne nostalgique de la tutelle stratégique russe et hostile à toute tentative de diversification diplomatique de l’Arménie.
La critique du pouvoir en Arménie est parfaitement légitime dans une démocratie.
Mais lorsqu’un média abandonne la distance critique au profit d’un narratif idéologique répétitif, émotionnel et orienté, il cesse progressivement d’être un média d’analyse pour devenir un instrument de propagande de camp.
Le problème est également générationnel et intellectuel.
Le monde change, l’Arménie change, la diaspora change.
Une nouvelle génération franco-arménienne plus géopolitique, plus stratégique, plus connectée aux réalités internationales émerge progressivement. Cette génération attend des analyses sérieuses, du pluralisme, de la hauteur de vue et une compréhension lucide des mutations du monde multipolaire actuel.
Or beaucoup de contenus publiés aujourd’hui par Les Nouvelles d’Arménie semblent encore enfermés dans les réflexes idéologiques et émotionnels d’un autre âge.
À force de se transformer en média militant aligné sur une seule grille de lecture politique, ce journal risque surtout de perdre ce qui faisait historiquement sa valeur : sa crédibilité intellectuelle.
Et un média communautaire qui perd sa crédibilité finit tôt ou tard par sortir du centre de gravité de son propre écosystème.

