EREVAN – La Russie a annoncé ce samedi 30 mai le rappel de son ambassadeur en Arménie, Sergueï Kopyrkine, pour des « consultations » à Moscou, en raison du rapprochement engagé par Erevan avec l’Union européenne.
Dans un communiqué, le ministère russe des Affaires étrangères a indiqué que cette décision était liée aux mesures prises par les autorités arméniennes en faveur d’un renforcement de leurs relations avec l’Union européenne, estimant que cette orientation risquait de compromettre la coopération au sein de l’Union économique eurasiatique, organisation régionale dirigée par Moscou.
Cette annonce intervient au lendemain de déclarations fermes du président russe Vladimir Poutine lors d’un sommet organisé au Kazakhstan. Le chef du Kremlin a affirmé que l’Arménie devait choisir entre son rapprochement avec l’Union européenne et son appartenance à l’Union économique eurasiatique, jugeant les deux trajectoires incompatibles.
Vladimir Poutine a également établi un parallèle avec l’Ukraine, affirmant que le « scénario ukrainien » avait commencé avec la volonté de Kiev de se rapprocher de l’Union européenne. Il a appelé l’Arménie à organiser « dès que possible » un référendum sur cette question.
Ces déclarations interviennent à quelques jours d’élections en Arménie, un scrutin qui constituera un test politique important pour le Premier ministre Nikol Pachinian. Depuis plusieurs années, ce dernier cherche à maintenir un équilibre entre les relations historiques de son pays avec la Russie et un rapprochement progressif avec les pays occidentaux.
L’Arménie a récemment accueilli un sommet européen, à l’issue duquel l’Union européenne a salué un « bond en avant » dans ses relations avec Erevan. Cette évolution a suscité l’irritation du Kremlin, alors que les autorités arméniennes ont multiplié les initiatives en direction de l’Europe ces dernières années.
Ce repositionnement diplomatique s’explique notamment par les critiques formulées à Erevan à l’égard de la Russie, accusée de ne pas avoir apporté un soutien suffisant à l’Arménie lors de ses récents conflits avec l’Azerbaïdjan.
Le rappel d’un ambassadeur pour consultations ne constitue pas une rupture des relations diplomatiques, mais représente un signal politique fort. Cette décision illustre les tensions croissantes entre Moscou et Erevan dans un contexte de recomposition des équilibres géopolitiques dans le Caucase du Sud.

