discours du premier ministre pour la commémoration du génocide arménien.-7
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28 mai 2026 — 15h00
Par Vahram Atanesyan

La presse et les réseaux sociaux débattent actuellement de la participation au scrutin du 7 juin des personnes déplacées de force du Haut-Karabakh. Certains invoquent une « jurisprudence » selon laquelle les détenteurs d’un passeport portant le code 070 disposent du droit de vote. Plusieurs figures publiques appellent ainsi les déplacés à saisir les tribunaux afin de « rétablir leurs droits ». L’un d’eux affirme même que près de 55 000 déplacés pourraient retrouver leur droit de vote et participer au scrutin. Certains vont jusqu’à encourager les recours judiciaires le jour même des élections.

Tout porte à croire que cette prétendue « défense des droits » poursuit avant tout un objectif politique : organiser, le 7 juin, des manifestations devant les tribunaux et attirer l’attention des observateurs internationaux sur une supposée « répression des droits des Artsakhiotes par Nikol Pachinian ». Dans une lutte politique exacerbée, tous les moyens semblent désormais jugés acceptables. Pourtant, la question mérite une analyse bien plus profonde.

Pourquoi, près de trois ans après l’exode, tous les déplacés n’ont-ils toujours pas obtenu la citoyenneté arménienne ? Et surtout, qui peut garantir qu’un déplacé ayant obtenu — ou récupéré par décision judiciaire — son droit de vote choisira forcément un candidat de l’opposition plutôt que Nikol Pachinian ? Qui a décrété qu’un déplacé du Haut-Karabakh ne pouvait pas voter en faveur du pouvoir actuel ?

Ce discours laisse entendre que les déplacés du Haut-Karabakh feraient l’objet d’un véritable conditionnement politique orchestré par certains centres de propagande. À ce titre, le magnat russe des médias Aram Gabrelyanov a récemment affirmé qu’environ 400 000 personnes originaires de l’Artsakh vivaient aujourd’hui en Arménie. Le message implicite est clair : correctement mobilisé, cet électorat pourrait influencer de manière décisive l’issue du scrutin.

Tout en affichant un discours d’« unité nationale », une partie de l’opposition contribue en réalité à instaurer une fracture identitaire entre citoyens arméniens, cherchant à constituer un électorat distinct composé des déplacés du Haut-Karabakh et des Arméniens d’origine karabakhtsie, tout en alimentant des sentiments radicaux. Une dynamique particulièrement dangereuse.

Dans le même temps, le pouvoir adopte parfois des mesures qui, paradoxalement, renforcent encore davantage cette instrumentalisation politique de la question de l’Artsakh.

L’un des chefs de file de l’opposition a déclaré qu’ils allaient « prendre le pouvoir », tandis qu’un autre a menacé de « déclencher une révolution » si leur « victoire était volée ». La campagne électorale entre désormais dans sa phase décisive.

Des « jours d’épreuve » s’annoncent — des jours qui devront être traversés avec sang-froid par les autorités et avec le sens de la dignité collective insufflé à la société par le défilé exceptionnel de la fête de la République.