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**Le député Andranik Kotcharian a mis en cause la responsabilité de Robert Kotcharian dans les événements du 1er mars 2008 et évoqué des assassinats politiques restés non élucidés sous sa présidence, tout en répondant aux critiques de Levon Kotcharian visant Nikol Pachinian.** Il s’est appuyé sur les travaux du groupe d’établissement des faits, dont il a été membre, et a estimé que la quête du pouvoir avait primé sur la résolution du conflit du Karabakh après les événements du 27 octobre.

Le député Andranik Kotcharian, s’exprimant devant le Parlement arménien, a d’abord salué la candidature de Vahagn Alexanyan au poste de vice-président de l’Assemblée nationale. Selon lui, ce dernier, impliqué dans les travaux de la commission défense et sécurité et membre de la délégation arménienne à l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, incarne un « renouvellement générationnel » de la classe politique, que l’opposition le veuille ou non.

Andranik Kotcharian a ensuite vivement critiqué l’intervention de Levon Kotcharian, fils de l’ex-président Robert Kotcharian, qui avait mis en cause Nikol Pachinian au sujet des événements du 1er mars. Il a jugé cette accusation étonnante, rappelant que Levon Kotcharian était alors un jeune adulte vivant dans la famille présidentielle et ne pouvait ignorer ce qui se passait, tant au sein du foyer que dans la rue. Il a invité, à défaut, à visionner le documentaire « Printemps perdu », fondé sur les rapports et enregistrements d’un groupe d’enquête factuelle, qui montrerait selon lui les premières irrégularités dans le déroulement des opérations menées après les propos de Nikol Pachinian, alors chef de l’opposition.

Se présentant comme ancien membre, désigné par l’opposition, de ce groupe d’enquête à mandat international, Andranik Kotcharian a indiqué avoir travaillé sept mois avec Mme Safaryan et produit cinq rapports, dont plusieurs constats figurent désormais dans des décisions de justice. Il a évoqué notamment la mort du capitaine Hamlet Tatevossian, ainsi que la création de groupes armés illégaux liés à l’ordre secret « 0038 », qu’il a directement rattaché à une réunion convoquée par Robert Kotcharian le 23 février 2008 avec l’état-major militaire, à laquelle seul Manvel Grigorian n’aurait pas participé.

Revenant sur la période post-1996, il a estimé que la décision de Levon Ter-Petrossian de nommer Robert Kotcharian Premier ministre pour régler la question du Haut-Karabakh avait été une erreur, affirmant que ce dernier aurait, dès son arrivée à Erevan via le corridor de Latchine, cherché à prendre le pouvoir. Il a mis en lien cette période avec plusieurs assassinats politiques non résolus, dont ceux de Vahram Khorkhoruni et Artsroun Margaryan, imputant à Aghvan Hovsepian, alors chef des enquêtes puis procureur général, l’absence d’éclaircissement complet de ces affaires. Selon lui, les suspects du meurtre de Khorkhoruni avaient été arrêtés avant le 27 octobre puis se seraient retrouvés au Haut-Karabakh, sans qu’il n’ait jamais obtenu d’explication.

Il a enfin rappelé la tentative de Vazguen Sargsian et Karen Demirtchian d’instaurer un nouveau pouvoir et un climat de concorde, notamment via la nomination de Vahan Hovhannisian à la tête de la commission défense et sécurité, avant que l’attentat du 27 octobre ne survienne. Selon Andranik Kotcharian, l’essentiel des privatisations et redistributions de biens évoquées depuis se seraient produites après cet événement, tandis que la paix recherchée par Levon Ter-Petrossian auprès de Robert Kotcharian n’aurait jamais été obtenue, le pouvoir ayant primé selon lui sur cet objectif. Il a par ailleurs relevé que plusieurs témoins clés du 27 octobre seraient morts depuis dans des circonstances diverses, évoquant aussi des questions non résolues concernant Alik Harutyunyan.

Source : Mer Oughin