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Le président de la commission de la défense et de la sécurité de l’Assemblée nationale arménienne, Vilen Gabrielian, a estimé que le système judiciaire devrait réexaminer sa gestion de l’affaire de la caserne du Gueghark ounik, évoquant le risque qu’un « bouc émissaire » ait été désigné. Il a également jugé que la balance militaire actuelle entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan penche en faveur de Bakou et appelé à poursuivre la démarcation frontalière ainsi qu’à réviser les doctrines de sécurité nationale et militaire, jugées obsolètes.

Le président de la commission de la défense et de la sécurité de l’Assemblée nationale arménienne, Vilen Gabrielyan, s’est exprimé auprès de Radio Info sur les problèmes rencontrés au sein de l’armée et les défis sécuritaires du pays. Il a notamment abordé les statistiques des décès survenus en temps de paix, les défaillances du système judiciaire et l’absence, selon lui, d’une culture de responsabilité au sein des forces armées.

Selon Vilen Gabrielyan, les décès en temps de paix ne sont pas normaux, mais ne sont pas non plus totalement illogiques si l’on compare avec les statistiques internationales, ces cas existant dans différentes armées du monde. Il a estimé que les chiffres de l’Arménie pour cette année ne sont pas particulièrement élevés par rapport aux moyennes annuelles, rappelant que 2018 avait, selon lui, enregistré l’un des taux les plus bas depuis l’indépendance. Il a jugé nécessaire d’examiner individuellement chaque cas dans le cadre de procédures pénales, certains étant liés au service, d’autres à des circonstances familiales ou personnelles, ce qui n’exonère pas l’État de s’en préoccuper.

Concernant l’incident survenu dans une unité militaire de Gegharkunik, Vilen Gabrielyan a estimé qu’une question se posait naturellement : pourquoi les personnes ayant, dans le cadre de leurs fonctions, longé cette caserne et vu les grilles aux fenêtres n’ont fait l’objet d’aucune sanction connue du public. Selon lui, un simple questionnement sur la présence de ces grilles aurait pu permettre une action préventive. Il a précisé ne pas vouloir affirmer que le système judiciaire fonctionne mal dans l’ensemble, reconnaissant toutefois de nombreuses lacunes, et a appelé à un nouvel examen du travail effectué dans ce dossier, sous peine de donner l’impression qu’une personne non informée du problème ait été transformée en simple « bouc émissaire » pour porter l’entière responsabilité.

Le responsable a par ailleurs jugé la prévention des décès en temps de paix complexe, les individus se trouvant dans des situations de vie diverses, tout en soulignant que chaque cas est douloureux et que l’État doit renforcer l’efficacité du travail préventif. Concernant les menaces pesant sur l’Arménie, il a affirmé qu’elles sont nombreuses, externes comme internes, et qu’il n’est pas nécessaire de nommer des pays pour désigner des ennemis. Il a également estimé que les doctrines de sécurité nationale et militaire n’ont pas été pleinement révisées malgré l’évolution du contexte géopolitique régional, notamment dans le cadre du processus de paix, appelant les organes compétents à les actualiser.

Sur le plan militaire, Vilen Gabrielyan a indiqué que l’armée arménienne n’a actuellement pas d’adversaire, sa mission première étant d’assurer la sécurité des frontières, tout en travaillant à faire avancer le processus de délimitation jusqu’à son terme logique. Concernant la présence de forces armées azerbaïdjanaises sur des territoires souverains arméniens, il a indiqué attendre leur retrait dans le cadre de ce processus, sinon il faudrait déterminer comment résoudre cette question. Il a par ailleurs reconnu que la balance militaire entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan est aujourd’hui favorable à ce dernier, y voyant une certaine menace, tout en refusant d’affirmer de manière dogmatique qu’aucune question ne pourrait être résolue avant un rééquilibrage militaire, espérant que l’agenda de paix et le dialogue permettront de régler ces problèmes.

Enfin, évoquant le concept de défense globale, Vilen Gabrielyan a estimé que, compte tenu du petit territoire de l’Arménie et de ses ressources humaines et matérielles limitées, il n’existe pas actuellement d’alternative à ce système, censé associer étroitement l’État, le secteur privé et la société pour faire face efficacement, selon lui, à des ressources adverses plus importantes.

Source : Mer Oughin