mer-oughin-34808
3 min de lecture

Selon un récit publié par « Mer Oughin », début septembre 2023, Davit Babayan, dirigeant du Parti conservateur d’Artsakh, a démenti soutenir la candidature d’Artak Beglaryan à la présidence. Il a également appelé la population à ne pas céder aux « démagogues », visant implicitement Samvel Babayan, accusé de vouloir compromettre un processus présenté comme « la dernière chance ». Les dirigeants politiques d’Artsakh se seraient alors accordés sur la candidature de Samvel Chahramanyan, élu président le 9 septembre, dix jours avant l’offensive azerbaïdjanaise.

Le 4 septembre 2023, Davit Babayan, dirigeant du Parti conservateur d’Artsakh, ancien ministre des Affaires étrangères et conseiller du président de la République d’Artsakh, a démenti sur Facebook une information diffusée par une chaîne Telegram basée à Erevan.

Celle-ci affirmait qu’il soutenait la candidature de l’ancien ministre d’État Artak Beglaryan au poste de président et que « les États-Unis et la France poussaient Beglaryan ».

Concernant l’élection prochaine du nouveau président de la République d’Artsakh, Davit Babayan a appelé la population à « ne pas céder aux provocations des démagogues et des éléments hostiles à l’État, et à ne pas permettre que le pays soit secoué par des troubles ».

Il a assuré que le Parti conservateur d’Artsakh « resterait aux côtés de son peuple » et qu’en cas de nécessité, il s’adresserait lui-même à ses « chers compatriotes ».

Le lendemain, News.am l’a interrogé sur les appels lancés par Samvel Babayan, dirigeant du parti « Patrie unie », qui disposait du deuxième groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, afin que la population se rassemble sur la place publique.

Sans le nommer, Davit Babayan a une nouvelle fois vivement critiqué les « provocateurs », déclarant qu’ils « ne devaient pas compromettre un processus qui pourrait constituer la dernière chance ».

Cette allusion visait manifestement Samvel Babayan. Selon les témoignages de plusieurs participants aux discussions, celui-ci aurait déclaré devant l’Assemblée nationale qu’il menait des négociations avec des représentants de l’Azerbaïdjan, au su du président Arayik Haroutiounian.

En accusant Samvel Babayan de vouloir « compromettre le processus », Davit Babayan révélait publiquement que l’ensemble des acteurs de l’élite politique d’Artsakh s’étaient accordés sur une décision : « élire » Samvel Chahramanyan à la présidence.

Davit Babayan avait déclaré que cela « pourrait être la dernière chance ». On ignore toutefois de quelles garanties il disposait.

Selon des sources non officielles, après la démission d’Arayik Haroutiounian, l’Azerbaïdjan avait menacé de lancer une « opération antiterroriste » si un nouveau président était élu.

Samvel Chahramanyan a été élu président le 9 septembre par les voix de vingt-deux députés. Dix jours plus tard, le 19 septembre, l’Azerbaïdjan lançait une offensive militaire de grande ampleur contre l’Artsakh.

Le texte original, signé Moughni, a été transmis par courrier électronique à la rédaction de Mer Oughin.

À suivre

Source : Mer Oughin