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**Le père Khoren Hovhannissian, conseiller au sein du cabinet du Premier ministre arménien, a vivement critiqué le Catholicos de tous les Arméniens Garéguine II, l’accusant de violer les canons ecclésiastiques, d’exercer un pouvoir « autoritaire » et de servir des intérêts étrangers.** Il a annoncé son intention d’engager une nouvelle procédure judiciaire contre le Catholicos, affirmant avoir été privé pendant six mois de logement, de revenus et de soins médicaux, et a estimé que l’Église avait épuisé ses mécanismes internes de résolution des conflits.

Le père Khoren Hovhannissian, conseiller au sein du département des minorités nationales et des affaires religieuses du cabinet du Premier ministre arménien, a livré une critique sévère du catholicos de tous les Arméniens Garéguine II, qu’il présente comme un combat entre le bien et le mal en vue de la « libération » de l’Église apostolique arménienne. Selon lui, l’Église a épuisé ses mécanismes internes de régulation : les structures ecclésiastiques ne fonctionneraient pas correctement et le Conseil spirituel suprême serait incapable d’assumer ses fonctions.

Le père Khoren a affirmé ne pas vouloir se prononcer sur la procédure judiciaire en cours visant le catholicos et six évêques, celle-ci relevant selon lui du champ pénal. Il a en revanche accusé le catholicos de violer les canons de l’Église, de pratiquer une gouvernance qu’il a qualifiée de « despotique », et de servir des intérêts étrangers. Il a par ailleurs rejeté comme une « manipulation » les comparaisons établies entre la situation actuelle et le sort du catholicos Khoren Mouradbekian, martyrisé en 1938 sous Staline, tout en rappelant que ses reliques avaient été transférées et réinhumées à Etchmiadzine en 1996 par le catholicos Garéguine Ier, lequel avait selon lui été ordonné sous le nom de ce catholicos martyr.

Interrogé sur d’éventuelles influences extérieures dans les procédures visant le catholicos, le père Khoren a indiqué ne pas pouvoir désigner précisément qui pourrait se trouver derrière ce processus, tout en estimant que le mouvement de réforme porté par certains évêques vise à « purifier » l’Église et à la « rendre au peuple arménien ». Il a également jugé « mensongère et manipulatrice » l’idée selon laquelle le différend entre l’Église et le pouvoir serait principalement lié à la question du Haut-Karabakh. Il a cité en exemple la visite du catholicos en Biélorussie pour une cérémonie de consécration d’église, effectuée selon lui à un moment où les autorités arméniennes limitaient les visites officielles de haut niveau dans ce pays, ainsi que son absence à la cérémonie d’intronisation du pape Léon XIV, qu’il a remplacée par ce déplacement en Biélorussie — des faits qu’il estime avoir nui à la réputation de l’Église apostolique arménienne.

Concernant une rencontre ultérieure du catholicos avec le pape à Rome, le père Khoren a précisé qu’elle s’était tenue non pas au palais apostolique du Vatican mais à la résidence d’été du pape, contrairement, selon lui, à la réception protocolaire et à la prière commune accordées au catholicos Aram Ier de la Grande Maison de Cilicie. Évoquant les prises de position des patriarches arméniens de Jérusalem et de Constantinople, il a dit connaître leurs déclarations publiques, tout en émettant des doutes sur l’authenticité d’un récent écrit attribué au patriarche de Jérusalem, Mgr Nourhan, rappelant que ce dernier avait auparavant critiqué durement le catholicos et prôné une réforme de l’Église. Il a appelé le patriarche de Constantinople à prier pour l’Arménie et Etchmiadzine, et s’est interrogé sur le silence des autres dirigeants ecclésiastiques concernant la défroque de Mgr Guévork et le rétablissement de ses droits.

Le père Khoren a enfin annoncé son intention d’engager une nouvelle procédure judiciaire contre le catholicos, affirmant avoir été privé pendant six mois de logement, de revenus et d’accès aux soins médicaux, en dépit des dispositions statutaires du Saint-Siège d’Etchmiadzine garantissant aux membres de la fraternité logement, salaire, habillement et soins médicaux. Il y voit un fondement à une responsabilité juridique et compte défendre ses droits devant la justice, réaffirmant que l’Église a, selon lui, épuisé ses mécanismes internes de résolution des conflits.

Source : Mer Oughin