**Dans un entretien à 1inTV, la députée du Contrat civil Lilit Stépanyan affirme que les autorités arméniennes ont préservé leur légitimité face à de « fausses informations » et des « pressions hybrides » de l’opposition, tout en estimant que le rapport de l’APCE sur les élections doit être vu comme une opportunité d’amélioration plutôt qu’une simple critique.** Elle plaide par ailleurs pour une réduction des structures des administrations régionales (marzpétarans) au profit des municipalités, et évoque des pratiques passées de corruption rencontrées lors de son mandat à la tête de la ville de Hrazdan.
La députée du parti au pouvoir « Contrat civil » (ՔՊ), Lilit Stepanyan, s’est exprimée sur la chaîne 1inTV au sujet des développements post-électoraux, des pressions extérieures et de la situation autour de l’Église. Selon elle, malgré les fausses informations diffusées par l’opposition et des « défis hybrides », les autorités ont conservé leur légitimité et poursuivent la voie des réformes démocratiques.
Évoquant le rapport de l’APCE sur les élections en Arménie, Lilit Stepanyan a estimé que les problèmes qui y sont mentionnés doivent être considérés non comme de simples critiques mais comme une opportunité de les corriger à l’avenir. Selon elle, ce même rapport a aussi constaté que l’Arménie était parvenue à faire face à de nombreuses pressions exercées sur le processus électoral et à globalement garantir un scrutin légitime, malgré des pressions extérieures sans précédent venues, selon elle, de différents pôles géopolitiques. Elle a jugé que certaines forces de l’opposition avaient, selon son évaluation, davantage recouru à l’achat de votes et à l’exploitation des peurs de la population — notamment autour de la guerre, du retour des Azerbaïdjanais ou de l’avenir du pays — qu’à un contenu politique. Pour elle, l’enregistrement de violations isolées ne signifie pas que l’ensemble du processus électoral, ni le pouvoir qui en est issu, seraient illégitimes. Elle a ajouté que si des forces politiques sont convaincues d’une fraude électorale, elles devraient en tirer des conséquences politiques concrètes, s’interrogeant sur l’absence de boycott du Parlement, de renoncement aux mandats ou de mobilisation de grande ampleur de la part de ces forces.
Concernant les élections locales, la députée a reconnu que dans les petites communautés, les citoyens peuvent être plus directement dépendants de la municipalité, de l’école ou d’une institution publique, ce qui peut favoriser certaines influences. Elle a toutefois souligné que, le vote étant secret, personne ne peut savoir pour qui un employé public ou communal a réellement voté, regrettant que la culture politique arménienne conserve encore l’habitude de demander aux autres pour qui ils ont voté, alors que la préférence politique relève, selon elle, du choix personnel de chaque citoyen et doit être protégée.
Sur la réforme territoriale, Lilit Stepanyan a indiqué qu’une part importante des compétences des administrations régionales (marzpetaran) est progressivement transférée aux communautés ou aux ministères centraux, citant la santé, les écoles et certaines compétences d’urbanisme ou sociales déjà transférées. Selon elle, le maintien de la structure actuelle des marzpetaran pourrait ne plus être efficace à mesure que les communautés se renforcent, et il serait envisageable à l’avenir de conserver des structures plus réduites et plus flexibles, principalement chargées du contrôle et de la reddition de comptes, par exemple sur les programmes de subvention. Elle a aussi relevé que les chefs de communauté sont élus par les citoyens alors que les marzpets sont nommés, ce qui modifie leur poids politique respectif.
La députée a par ailleurs jugé important de disposer d’indicateurs mesurables de l’efficacité des chefs de communauté, estimant que la seule mise en œuvre de programmes de subvention ne suffit pas à évaluer leur action : il faudrait aussi considérer les investissements attirés, les entreprises créées, les emplois générés et les perspectives économiques ouvertes pour la communauté. Elle a cité l’exemple de Hrazdan, où la pleine activité et les investissements des grandes entreprises restent un enjeu important, avant d’évoquer sa propre expérience à la tête de cette ville : elle a raconté avoir été confrontée à des pratiques où l’on proposait de l’argent plutôt qu’une coopération légale aux dirigeants d’entreprises, avoir refusé cette approche et avoir proposé à la place une collaboration autour de projets de développement communal, ayant abouti selon elle à divers travaux, de la rénovation d’écoles et d’établissements musicaux à l’éclairage public.
Source : Mer Oughin

