Selon Vahram Atanesian, le blocus du Haut-Karabakh a débuté le 12 décembre 2022, lorsque des « éco-activistes » azerbaïdjanais ont bloqué définitivement le carrefour Chouchi-Karintak, après une première tentative avortée le 2 décembre et l’échec d’une visite programmée le 10 décembre aux gisements de Drmbon et Kashen. L’auteur relève notamment que cette dernière visite a échoué en l’absence du président du Haut-Karabakh Araïk Haroutiounian, alors en France, et rappelle la nomination début novembre de Rouben Vardanian comme ministre d’État, à la suite de la démission d’Artak Beglarian.
Dans ce troisième volet de son récit consacré aux événements ayant précédé le blocus du Haut-Karabakh, l’analyste Vahram Atanesyan revient sur la chronologie des incidents survenus en décembre 2022. Selon lui, deux semaines après un commentaire du Conseil de sécurité du Karabakh publié dans l’organe officiel du FRA Dachnaktsoutioun d’Artsakh, « Aparaj », des « éco-activistes » azerbaïdjanais ont bloqué pour la première fois, le 2 décembre 2022, le carrefour de Choucha-Karintak sur l’autoroute Goris-Stepanakert.
Le même jour, selon l’auteur, le général Volkov, commandant du contingent russe au Haut-Karabakh, a rencontré les « manifestants » et assuré, devant des journalistes, qu’un « mini-point de douane » serait installé au début du corridor de Latchine, précisant qu’il s’agirait de « dispositifs de scanner ». L’auteur relève par ailleurs que la propagande azerbaïdjanaise a diffusé à cette époque des informations qu’il qualifie d’infondées, selon lesquelles l’Arménie transporterait des armes et des munitions vers le Haut-Karabakh sous couvert d’aide humanitaire.
Toujours le 2 décembre, Vitali Balassanian, secrétaire du Conseil de sécurité du Haut-Karabakh, a rencontré les « éco-activistes » azerbaïdjanais par l’intermédiaire du général Volkov. Selon les informations rapportées par l’auteur, un accord aurait été trouvé pour permettre aux représentants du ministère azerbaïdjanais de l’Économie et de l’Environnement de se rendre sur le site minier de Drmbon et Kachen pour y effectuer une « inspection unique ».
Cette visite, prévue le 10 décembre, n’a toutefois pas pu avoir lieu : ce jour-là, selon le récit, les employés du site minier ainsi que plusieurs centaines d’habitants des communautés voisines ont bloqué les routes, rompant l’accord conclu. Le 12 décembre, les « éco-activistes » azerbaïdjanais ont bloqué une seconde fois, et de façon définitive, le carrefour de Choucha-Karintak, tandis que les forces de maintien de la paix russes démontaient leur poste d’observation sur place. C’est à partir de ce moment, selon l’auteur, qu’a commencé le blocus du Haut-Karabakh.
L’auteur souligne que cette tentative de visite des « employés » du ministère azerbaïdjanais avait échoué en l’absence du président du Haut-Karabakh, Arayik Haroutiounian, alors en déplacement en France. Il rappelle également qu’au début du mois de novembre, le ministre d’État Artak Beglarian avait démissionné, remplacé à ce poste par Rouben Vardanian, qui avait auparavant renoncé à la nationalité russe. Selon l’auteur, le lendemain de cette nomination, après près de deux mois de relative stabilité, la partie azerbaïdjanaise a ouvert le feu sur un tracteur effectuant des travaux agricoles sur le territoire du village de Khramort.
Source : Mer Oughin

