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**Le Premier ministre Nikol Pachinian a affirmé qu’une « troisième tentative » se préparait pour provoquer une instabilité interne en Arménie et placer l’État sous contrôle extérieur, évoquant un plan secret largement discuté. Dans une tribune, Mkrtich Israélian juge que l’indépendance du pays ne doit pas dépendre de l’aval de centres extérieurs, mais que ces accusations exigent des preuves et ne doivent pas viser toute critique du pouvoir.**

Dans une tribune signée Mkrtich Israélian, l’auteur revient sur la déclaration du Premier ministre Nikol Pachinian, qui a évoqué une « troisième tentative » en préparation, qu’il rattache à un « plan secret » largement débattu. Selon le chef du gouvernement, cité par l’auteur, ce plan viserait à provoquer une instabilité politique intérieure afin d’établir un contrôle sur l’État arménien, c’est-à-dire à priver le pays de son indépendance de facto et de jure. Pachinian s’exprimait à propos des pressions possibles sur l’Arménie et de la situation autour de l’UEE.

L’auteur estime qu’il serait naïf de n’examiner les pressions économiques et politiques que sous l’angle des calculs économiques. Selon lui, lorsque l’autonomie de la politique étrangère devient un enjeu central de la lutte politique, les outils économiques peuvent devenir des moyens d’influence politique. Il rappelle que, selon Pachinian, ces pressions ne chercheraient pas à créer des difficultés économiques mais à déstabiliser le pays et à le contrôler.

Pachinian a mentionné les événements de 2023, les élections législatives de 2026 et d’éventuels développements à venir, qu’il présente comme des manifestations d’un même objectif politique. L’auteur juge que cette appréciation exige un examen argumenté : il faut établir quels faits relient ces événements, qui a intérêt à une éventuelle déstabilisation et par quels mécanismes une pression extérieure pourrait se muer en crise politique interne.

Pour l’auteur, la question est de savoir si l’Arménie peut définir seule sa voie de développement et sa politique étrangère sans payer un prix politique. Si le droit de diversifier ses relations, de faire des pas vers l’Europe ou de décider selon ses intérêts devient objet de pressions, il ne s’agit plus d’un simple désaccord diplomatique mais du contenu réel de la souveraineté. Il estime que l’Arménie ne saurait renoncer à son choix pour éviter d’éventuelles sanctions, que les relations d’alliance ne doivent pas signifier une dépendance unilatérale et que la coopération économique ne doit pas devenir un instrument de dépendance politique.

L’auteur précise que si la voie choisie par l’Arménie s’oppose réellement aux intérêts de certaines forces extérieures, la lutte politique interne peut devenir un terrain d’influence de cette contradiction. Il ajoute toutefois que cela n’implique pas que chaque critique du pouvoir participe à un projet étranger. Selon lui, un État démocratique doit distinguer l’opposition politique légitime, dont l’existence est nécessaire, des actions illégales, si celles-ci sont établies par des faits.

Il conclut que l’essentiel n’est pas le bruit politique autour du « plan secret » mais la question des preuves, des intérêts en conflit et d’une éventuelle tentative de limiter la capacité de l’Arménie à décider seule. À ses yeux, la réponse ne doit être ni la peur ni des accusations infondées, mais la mise au jour des faits, le renforcement des institutions de l’État et la défense du droit de la société à décider de son avenir.

Source : Mer Oughin