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**Le vice-président du parti « Au nom de la République », Ruben Mehrabyan, a estimé que des petits réacteurs modulaires américains conviendraient mieux à l’Arménie que la centrale de grande puissance proposée par la Russie, qui pourrait selon lui prolonger d’un siècle l’influence stratégique russe. Il a affirmé que le choix devait aussi tenir compte de l’autonomie à long terme, de la flexibilité du système énergétique et du développement économique du pays.**

Selon Ruben Mehrabyan, vice-président du parti « Au nom de la République », les discussions sur l’avenir nucléaire de l’Arménie sont devenues un objet de spéculations et d’affrontement d’intérêts géopolitiques. Dans son émission « Mehrabyan Talks », il a examiné la question d’une éventuelle acquisition de petits réacteurs modulaires américains sous l’angle de la sécurité énergétique, de l’opportunité économique et de l’indépendance géopolitique. Il estime que la construction d’une centrale de grande puissance proposée par la partie russe pourrait préserver l’influence stratégique de la Russie sur l’Arménie pendant un siècle de plus, avec une dépendance qui ne serait pas seulement énergétique mais pourrait aussi limiter l’autonomie politique du pays.

Face aux critiques selon lesquelles les petits réacteurs modulaires américains seraient des technologies inexistantes ou expérimentales, il a affirmé que de tels réacteurs sont déjà utilisés ou développés dans plusieurs pays, dont les États-Unis, la Russie et la Chine. D’après lui, les projets des entreprises américaines sont en phase active d’autorisation et de coopération internationale, et la Roumanie et la Pologne ont conclu des accords de coopération avec les sociétés concernées. Il a aussi cité la rencontre du 23 octobre à Erevan entre le ministre de l’Administration territoriale et des Infrastructures, David Khoudatian, et la sous-secrétaire d’État adjointe américaine Shona Wilson, y voyant la preuve de l’actualité du sujet. Selon l’information qu’il a présentée, la décision finale pourrait être prise début 2027.

Mehrabyan juge les petits réacteurs modulaires mieux adaptés au système énergétique arménien. Le réacteur russe proposé, d’environ 1 000 mégawatts, pourrait être trop puissant pour la consommation du pays et poser des problèmes d’écoulement des surplus d’électricité et de capacités de réserve. Les petits réacteurs permettraient en revanche d’augmenter la puissance par étapes et de les combiner avec le solaire et l’éolien. Sur le plan financier, il estime qu’une grande centrale exige des investissements initiaux massifs et une longue construction, alors qu’on pourrait commencer par un ou deux modules, produire de l’électricité puis étendre la centrale. Cette approche pourrait alléger la charge financière de l’État et permettre de recourir aux prêts préférentiels de la banque américaine d’import-export.

Concernant la crainte d’un arrêt par la Russie des livraisons de combustible à la centrale de Metsamor, il a cité l’exemple de l’Ukraine, de la Tchéquie, de la Bulgarie et d’autres pays, où l’américain Westinghouse fournit un combustible alternatif pour des réacteurs de conception soviétique. Selon lui, cela montre qu’il est possible de réduire la dépendance aux livraisons russes. Il a également lié la demande énergétique future de l’Arménie au développement des centres de données et de l’intelligence artificielle : les grandes entreprises technologiques recherchent des sources d’énergie stables et peu carbonées, et le choix de technologies américaines pourrait selon lui favoriser la sécurité énergétique comme le développement technologique du pays.

Sur la sécurité et les délais, il a indiqué que plusieurs projets de petits réacteurs modulaires prévoient des systèmes de sécurité passive, et que la fabrication en usine suivie d’un assemblage sur site peut raccourcir la durée des travaux. Il a présenté des options d’utilisation de modules de 77 et de 300 mégawatts, en soulignant que le choix final devrait reposer sur des calculs d’experts. En conclusion, il considère que l’avenir nucléaire de l’Arménie doit se décider non seulement selon le coût de la centrale, mais aussi selon l’autonomie à long terme, la flexibilité du système énergétique et les perspectives de développement économique, et que le choix de réacteurs américains pourrait réduire la dépendance extérieure.

Source : Mer Oughin