L’Arménie poursuit concrètement son rapprochement avec l’Union européenne. D’ici au lancement des nouveaux passeports biométriques, prévu le 1er novembre, le pays aura satisfait environ 40 % des exigences nécessaires à la libéralisation des visas.
Cette estimation a été communiquée par la ministre arménienne de l’Intérieur, Arpine Sargsyan. Le processus doit permettre, à terme, aux citoyens arméniens de voyager sans visa dans l’espace européen concerné pour des séjours de courte durée.
La gestion des frontières au cœur des réformes
Le principal chantier concerne la création d’un système intégré de gestion des frontières. Sa mise en place nécessite une coopération étroite entre plusieurs institutions arméniennes, notamment les services de sécurité, la police et les autorités fiscales.
L’Union européenne souhaite notamment s’assurer que l’Arménie est capable de contrôler efficacement ses frontières et d’identifier précisément les personnes entrant et sortant de son territoire.
Selon Arpine Sargsyan, le plan d’action européen prévoit également que l’Arménie assume progressivement le contrôle complet de ses frontières au cours des prochaines années.
Cette évolution concerne directement la présence des gardes-frontières russes, déployés depuis le début des années 1990 le long des frontières avec la Turquie et l’Iran. Après leur retrait de l’aéroport Zvartnots en 2024, ils ont également cessé de participer aux contrôles d’identité et aux procédures douanières au poste-frontière avec l’Iran. Ils restent présents dans certaines zones, mais leur rôle a été considérablement réduit.
Une étape supplémentaire vers l’Union européenne
Pour la ministre de l’Intérieur, la libéralisation des visas représente également une étape dans le rapprochement politique et institutionnel entre l’Arménie et l’Union européenne.
Une éventuelle adhésion nécessiterait en effet l’adoption progressive de normes compatibles avec les politiques européennes. Le processus engagé oblige ainsi l’Arménie à moderniser ses institutions et à renforcer ses capacités administratives.
Le plan d’action prévoit également des mesures contre le crime organisé, le trafic de drogue, le blanchiment d’argent et la cybercriminalité. La protection des droits humains et l’amélioration des pratiques des forces de l’ordre font aussi partie des critères évalués par Bruxelles.
Actuellement, les ressortissants européens peuvent entrer en Arménie sans visa et y séjourner jusqu’à six mois. L’objectif des négociations est désormais d’obtenir une facilité équivalente pour les citoyens arméniens effectuant de courts séjours en Europe.
Si aucune date définitive n’a encore été annoncée, l’accomplissement de 40 % des exigences constitue une avancée significative dans un processus généralement long et exigeant.
Source : CivilNet – entretien avec la ministre arménienne de l’Intérieur, Arpine Sargsyan

