mer-oughin-34742
4 min de lecture

**Le député du Contrat civique Arayik Haroutiounian a affirmé à la Radio publique que les changements de personnel et les procédures judiciaires visant des biens acquis illégalement relèvent de processus normaux et légaux, non de persécutions politiques. Il a également estimé que Moscou n’avait pas rempli ses obligations d’alliée lors des crises sécuritaires, justifiant selon lui la nécessité de reformater les relations arméno-russes et de diversifier la politique étrangère du pays.**

La Radio publique arménienne s’est entretenue avec le député Araïk Haroutiounian, membre du groupe parlementaire du parti au pouvoir Contrat civique, sur les transformations de la politique intérieure et extérieure de l’Arménie. L’échange a notamment porté sur la nécessité, selon lui, de reformater les relations arméno-russes, Moscou n’ayant pas rempli, selon ses dires, ses obligations d’allié lors des crises sécuritaires. Le député a également évoqué les procédures en cours de restitution de biens acquis illégalement, ainsi que les changements de personnel au sein du pouvoir, présentés comme un moyen de redynamiser le système.

Concernant les changements de postes après les élections, Araïk Haroutiounian a estimé qu’il s’agissait d’un phénomène habituel : selon lui, certaines figures clés ont conservé leurs fonctions tandis que d’autres, dont lui-même et Alen Simonian, ont simplement poursuivi leur activité politique ailleurs. Il a précisé que le Premier ministre Nikol Pachinian avait porté une appréciation positive tant sur le travail de son cabinet que sur celui de son ancien responsable. Selon le député, occuper un poste ne signifie pas y rester indéfiniment, et les rotations périodiques au sein des équipes politiques constituent un processus naturel.

Répondant aux accusations de l’opposition dénonçant des persécutions politiques, Araïk Haroutiounian a affirmé qu’il s’agissait en réalité de procédures judiciaires dont la nécessité avait déjà été évoquée par le pouvoir avant les élections, notamment concernant la restitution de biens acquis illégalement au cours des dernières décennies. Il a reconnu que les autorités avaient pris du retard sur ce dossier, ce qui aurait pu nuire au Contrat civique lors de la formation du nouveau gouvernement, évoquant à la fois des raisons objectives et des facteurs subjectifs, dont des dysfonctionnements dans les systèmes judiciaire et des forces de l’ordre. Selon lui, il est désormais nécessaire de clore ces dossiers, quelle que soit la décision des tribunaux, l’essentiel étant d’apporter une clarté sur des problèmes accumulés depuis des années.

Le député a insisté sur le fait que ces procédures ne doivent pas être présentées comme une instruction politique, rappelant que le Contrat civique avait ouvertement annoncé avant les élections sa volonté d’agir sur ce dossier, mandat que la population lui aurait ensuite confié. Il a jugé que les systèmes judiciaire et policier doivent rester indépendants du pouvoir exécutif tout en ne pouvant être totalement déconnectés des préoccupations publiques. Il a démenti tout lien de cause à effet entre des questions posées par des députés ou des critiques du Premier ministre et le déclenchement de procédures judiciaires, citant l’exemple de la famille Kotcharian, informée selon lui à l’avance des procédures la concernant.

Évoquant le cas de Gagik Tsaroukian, Araïk Haroutiounian a démenti toute négociation politique secrète entre le pouvoir et ce dernier, tout en le qualifiant sans détour d’oligarque biélorusse et en estimant que des influences extérieures avaient pu peser sur ses positions et déclarations politiques. Il a néanmoins appelé à ne pas lier les procédures judiciaires à l’activité politique ni à y chercher des explications artificielles. Il s’est par ailleurs dit, en tant que député, insatisfait de la lenteur de ces dossiers liés aux biens illégaux, rappelant que des arrestations, sanctions et procédures diverses avaient déjà eu lieu, et que certaines personnes recherchées se trouvent actuellement en Russie sans être extradées vers l’Arménie.

Sur un éventuel processus de réforme constitutionnelle, le député a indiqué ne pas avoir personnellement participé aux discussions détaillées à ce sujet, estimant qu’il faudra encore déterminer la forme exacte que prendra ce processus. Selon lui, ce projet, porté par le Contrat civique et le gouvernement, découle exclusivement des intérêts de l’Arménie et vise à renforcer la position du pays dans les processus de paix et de développement, les facteurs extérieurs ne devant pas, selon lui, constituer la base des discussions sur ce sujet.

Source : Mer Oughin