Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a annoncé le 26 mars 2026 qu'une récession économique est inévitable en raison de la détérioration des relations avec l'Azerbaïdjan. Cette déclaration a été faite lors d'une conférence de presse à Erevan.
« Notre économie subira un choc important cette année », a déclaré Nikol Pachinian, soulignant une baisse prévue du PIB de 3 %. Le ministre des Finances a ajouté que le chômage pourrait atteindre 15 %, un niveau jamais vu depuis les années 1990. L'inflation est également attendue autour de 12 %. Un rapport récent de la Banque Centrale alerte sur l'aggravation de la situation financière du pays, avec une dette publique atteignant 75 % du PIB.
L'Arménie, enclavée dans la région du Caucase du Sud, se trouve dans une situation géopolitique délicate. Le conflit latent avec l'Azerbaïdjan autour du Haut-Karabagh continue de peser lourd sur l'économie et la politique intérieure arméniennes. Depuis le cessez-le-feu de 2020, les tensions n'ont cessé de s'accumuler, en particulier suite aux récentes escarmouches à la frontière. La dépendance de l'Arménie vis-à-vis des matières premières et le blocus économique imposé par ses voisins exacerbent les défis économiques.
L'opposition arménienne critique sévèrement la gestion de la crise par Pachinian. Le leader de l'opposition, Aram Sarkissian, a accusé le gouvernement de conduire le pays vers l'abîme en négligeant les priorités intérieures au profit de la diplomatie régionale. Le ministère de l'Économie reste cependant optimiste, indiquant travailler sur des plans de soutien aux secteurs les plus affectés et espère inverser la tendance d'ici la fin de l'année.
L'avenir politique de Pachinian semble incertain alors que des manifestations sont prévues dans les prochains jours à Erevan pour protester contre la gestion gouvernementale. Les observateurs s'attendent à une pression accrue sur le gouvernement si ces prévisions économiques pessimistes se confirment. Les élections municipales à venir en mai pourraient servir de baromètre pour évaluer le soutien public au gouvernement actuel. La situation nécessite un pilotage serré, alors que le pays cherche à négocier un compromis diplomatique avec ses voisins tout en stabilisant son économie domestique.
Source : ArmTimes
