**Un texte publié par « Mer Oughin » répond à Hakob Ter-Khatchatrian, ancien représentant du Bureau du FRA, qui avait dénoncé un « procès fabriqué » contre le catholicos Garéguine II après la révocation de l’évêque Guévork Saroyan, chef du diocèse de Massiatsotn. Selon ce texte, l’évêque, destitué sans réunion du Conseil épiscopal comme l’exige le statut de l’Église, a saisi la justice civile arménienne, laquelle était fondée à examiner sa plainte en tant que citoyen, l’Église arménienne apostolique n’ayant, hors de sa hiérarchie propre, qu’un statut d’organisation publique et étant reconnue dans le monde par l’intermédiaire de l’État arménien.**
L’ancien représentant du Bureau de la Fédération révolutionnaire arménienne (FRA), Hakob Ter-Khatchatrian, a dénoncé sur Facebook ce qu’il a qualifié de « procès fabriqué » contre le catholicos de tous les Arméniens Karekin II et des évêques, ainsi qu’une « campagne » visant selon lui l’Église apostolique arménienne dans son ensemble. Il a estimé que cette situation était « illégale et condamnable », qu’elle « sapait les fondements de l’État » et « approfondissait la division nationale », appelant à mettre fin à cette « campagne destructrice » en respectant « la lettre et l’esprit » de la Constitution arménienne et en excluant toute ingérence de l’État dans les règles internes de l’Église.
Ces propos font suite à la révocation, le 10 janvier, de l’évêque Gevorg Saroyan de son poste de primat du diocèse de Massiaghotn, sur décision du catholicos de tous les Arméniens. L’évêque Saroyan a déclaré à plusieurs médias que cette révocation était contraire aux règles de l’Église, en invoquant les statuts de l’Église apostolique arménienne, enregistrés auprès du ministère de la Justice arménien, qui prévoient qu’un évêque ne peut être démis de ses fonctions qu’avec l’accord de l’Assemblée des évêques. Selon lui, aucune telle assemblée n’a été réunie dans son cas.
L’article précise que le différend entre l’évêque Saroyan et Karekin II tenait à deux motifs : l’évêque aurait exigé que le catholicos évite d’impliquer l’Église dans la lutte politique interne et condamne publiquement la conduite jugée immorale de l’archevêque Archak. Selon l’évêque Saroyan, il aurait été démis de ses fonctions de primat pour avoir soulevé ces questions, puis destitué après s’être tourné vers la justice civile arménienne, faute de pouvoir se défendre au sein de l’Église.
L’auteur de l’article estime qu’il n’existe pas de politique « hostile à l’Église » de la part des autorités dans cette affaire. Il relève que le tribunal n’a reproché au catholicos que le non-respect de l’exécution d’un acte judiciaire, et juge non fondé l’argument selon lequel un tribunal civil ne serait pas compétent pour statuer sur une affaire interne à l’Église. Selon lui, la protection des droits des citoyens est une mission prioritaire de l’État, et Gevorg Saroyan, en tant que citoyen arménien, avait le droit de voir sa plainte examinée par un tribunal, quel que soit le défendeur.
L’article rappelle que la loi arménienne relative aux relations entre l’Église apostolique arménienne et la République d’Arménie dispose que seul un citoyen arménien peut diriger l’Église, et confère à celle-ci le statut d’« Église nationale » agissant de manière autonome dans le cadre de sa hiérarchie. Pour toutes les autres questions, précise le texte, l’Église a en Arménie le statut juridique d’une organisation publique, et lorsque des différends internes ne trouvent pas de solution par les voies canoniques, l’évêque Saroyan lui-même a demandé « à qui un religieux pourrait-il s’adresser, sinon à un tribunal civil ? »
L’auteur affirme enfin que les diocèses de la diaspora de l’Église apostolique arménienne fonctionnent sur la base d’accords conclus entre la République d’Arménie et les pays concernés, placardant ainsi ces diocèses sous la protection juridique de l’État arménien. Il conclut que si l’Église apostolique arménienne est bien une institution spirituelle nationale, elle n’est reconnue dans le monde que par l’intermédiaire de l’État arménien.
Source : Mer Oughin

