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Un texte publié par le média Mer Oughin conteste les propos d’Arthur Khatchatrian, représentant dachnak de l’alliance « Arménie », qui affirmait que la reconnaissance par l’Arménie de l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan à Alma-Ata n’impliquait pas la reconnaissance du Karabakh comme faisant partie de l’Azerbaïdjan. Selon l’auteur du texte, reconnaître l’intégrité territoriale d’un État revient nécessairement à reconnaître sa juridiction sur ce territoire, ce qui, selon lui, clôt la question du droit à l’indépendance du peuple du Karabakh, dont seul le droit à l’autodétermination aurait été reconnu par la communauté internationale et le Groupe de Minsk de l’OSCE.

Le représentant de la Fédération révolutionnaire arménienne (Dachnaktsoutioun) au sein de l’alliance « Hayastan », Arthur Khatchatrian, s’est adressé à la majorité parlementaire pour contester l’idée selon laquelle la reconnaissance par l’Arménie de l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan à Alma-Ata aurait automatiquement signifié la reconnaissance du Haut-Karabakh comme faisant partie de l’Azerbaïdjan. Selon lui, ces affirmations sont « fausses ».

D’après Arthur Khatchatrian, l’intégrité territoriale ne signifie pas que le peuple du Haut-Karabakh n’a pas le droit de devenir indépendant. Il a affirmé que cela signifie seulement que l’Arménie et l’Azerbaïdjan reconnaissent mutuellement leur intégrité territoriale et, de ce fait, s’engagent à ne pas recourir à la force l’un contre l’autre – un engagement que, selon lui, l’Azerbaïdjan a été le premier à violer.

Le média Mer Oughin, qui rapporte ces propos reçus par message électronique, estime que cette déclaration relève d’une contradiction. Selon la rédaction, lorsqu’un État reconnaît l’intégrité territoriale d’un autre, il reconnaît simultanément sa juridiction sur ce territoire. Ainsi, en reconnaissant l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan, l’Arménie aurait, selon Mer Oughin, clos la question du droit à l’indépendance du peuple du Haut-Karabakh.

Mer Oughin concède cependant qu’Arthur Khatchatrian a raison sur un point : c’est bien l’Azerbaïdjan qui a été le premier à recourir à la force, tandis que le Haut-Karabakh, avec le soutien de l’Arménie, a empêché une déportation violente de la population arménienne et a été reconnu comme partie au conflit armé, ce qui lui aurait conféré une certaine subjectivité en matière de statut.

Selon la rédaction, tous les documents internationaux conditionnent néanmoins la question du statut du Haut-Karabakh à des négociations avec l’Azerbaïdjan, ce qui reviendrait à reconnaître le Haut-Karabakh comme faisant partie du territoire azerbaïdjanais. Mer Oughin souligne également que la communauté internationale et les pays coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE ont reconnu le droit à l’autodétermination du Haut-Karabakh, mais pas un droit inconditionnel à l’indépendance.

Mer Oughin ajoute, de façon peut-être inattendue selon ses propres termes, que le fondement du droit du peuple du Haut-Karabakh à « devenir indépendant » repose sur cette même déclaration d’Alma-Ata, dans la mesure où celle-ci reconnaît les nouveaux États indépendants comme successeurs des anciennes républiques soviétiques. La rédaction rappelle que la République socialiste soviétique d’Azerbaïdjan comprenait en son sein la région autonome du Haut-Karabakh (RAHK), ce qui constituerait selon elle la condition préalable au droit à l’autodétermination du Haut-Karabakh.

Source : Mer Oughin