**Le sommet des cinq pays riverains de la mer Caspienne, initialement annoncé pour août, n’aura pas lieu ; une réunion ministérielle est prévue le 23 septembre à Téhéran, alors que l’Iran, seul pays à ne pas avoir ratifié la convention sur le statut juridique de la Caspienne, a soumis ce texte à son Parlement. Dans une analyse publiée sur geopolitika.ru, l’expert iranien Mohammad Hossein Ghiassi estime que la Russie et l’Iran doivent coordonner leurs efforts, notamment via le corridor Nord-Sud, pour contrebalancer les routes qu’il qualifie de «turco-azerbaïdjanaises», et les exhorte à ne pas se limiter aux «réponses diplomatiques et juridiques traditionnelles» mais à privilégier des «outils souples» et des laboratoires d’idées.**
Le sommet des chefs d’État des cinq pays riverains de la mer Caspienne, initialement annoncé pour août, n’aura pas lieu, relève l’analyste Vahram Atanessian. Les parties se sont accordées pour tenir à la place, le 23 septembre à Téhéran, une conférence ministérielle de haut niveau. En vue de cette rencontre, le gouvernement iranien a soumis à la ratification du Parlement la Convention sur le statut juridique de la mer Caspienne, seul des cinq pays riverains à ne pas encore l’avoir ratifiée.
Selon cette convention, les eaux de la Caspienne sont réparties entre la Russie, le Kazakhstan, le Turkménistan, l’Azerbaïdjan et l’Iran, tandis que les fonds marins restent communs. Cette disposition, présentée comme une « mesure de sécurité », implique que tout projet de gazoduc, oléoduc ou câble de transmission entre l’Azerbaïdjan et le Turkménistan, ou entre le Kazakhstan et l’Azerbaïdjan, doit recevoir l’accord de la Russie et de l’Iran, et inversement. Aucune information publique n’a filtré sur la tenue effective de la conférence ministérielle prévue le mois prochain ni sur son ordre du jour.
Un article publié sur le site geopolitika.ru, signé par l’expert iranien Mohammad Hossein Ghiassi, donne un aperçu de la situation, rapporte Vahram Atanessian. Analysant la « politique du soft power » de la Turquie en Asie centrale, qualifiée de menace pour la Russie et l’Iran, Ghiassi estime que l’alternative réside dans une « coopération russo-iranienne dans le cadre de la Convention caspienne », afin d’empêcher tout partage des fonds marins et du sous-sol. L’expert iranien juge par ailleurs essentiel d’accélérer l’achèvement du corridor Nord-Sud ainsi que la pose de la ligne câblière Daghestan-Astara-Bandar Abbas.
Selon Ghiassi, une coordination des efforts russo-iraniens permettrait de faire basculer l’équilibre des forces en faveur de Moscou et Téhéran. Il qualifie par ailleurs les corridors et la logistique « horizontaux » de la région de « turco-azerbaïdjanais », auxquels la Russie et l’Iran devraient opposer un contrepoids. L’observation la plus notable de cette analyse, souligne Vahram Atanessian, est l’appel de l’expert iranien à ce que la Russie et l’Iran ne se limitent pas à la « tradition des réponses diplomatiques et juridiques », mais choisissent plutôt des « outils souples » et misent sur la « fabrique des idées », car dans la compétition, « celui qui s’empare le premier des forteresses de la pensée et de la conscience » l’emporte.
Vahram Atanessian rappelle enfin que le Premier ministre Nikol Pachinian a affirmé à plusieurs reprises publiquement que l’itinéraire TRIPP pourrait également servir à la liaison ferroviaire entre la Russie et l’Iran. L’auteur conclut en s’interrogeant : la Russie et l’Iran choisiront-ils, le 23 septembre, la voie des « outils souples » évoquée par l’expert iranien ?
Source : Mer Oughin

